Soutenez Basta Soutenez une information indépendante

France 2017

50 km à pieds et trois jours de marche pour déposer une demande d’asile

par

  • Ajouter
  • Imprimer
  • Partager sur Delicious
  • Partager sur Google+

C’est aujourd’hui leur troisième jour de marche. Partis de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes), un village à la frontière italienne, lundi 12 juin, 82 demandeurs d’asile accompagnés par des militants associatifs sont arrivés à Nice ce mercredi, après avoir parcouru à pieds une cinquantaine de km. « On se dirige vers la PADA, la plateforme d’accueil des demandeurs d’asile afin qu’ils puissent pré-enregistrer leur demande », explique Sylvain Gogois, de l’association Roya citoyenne. « Leur situation est parfaitement légale mais ils n’avaient pas les moyens de payer le billet de train. »

Pour ce trajet d’une heure entre Breil et Nice, la SNCF aurait proposé un tarif négocié de 5 euros par personne. « Mais notre association n’a pas la possibilité d’assumer le coût de ce transport. C’est le rôle du Préfet normalement de permettre l’accès au droit d’asile tel qu’il est prévu par la loi. Depuis des mois, nos bénévoles assurent déjà la nourriture, l’hébergement, des soins. » L’association a néanmoins pris en charge le transport de douze demandeurs d’asile « dont l’état de santé ne leur permettait pas de marcher ».

Ces trois jours ont été ponctués par diverses haltes et ravitaillements à l’initiative notamment de municipalités comme l’Escarcène ou Sospel. Selon Sylvain Gogois, la situation n’est plus tenable pour des citoyens qui se substituent aux obligations de l’État : « Nous voulons que l’État assume ses responsabilités, tant du point de vue de l’accueil que des transports. Il pourrait par exemple mettre en place des bus même si ça ne règlera pas tout... Mais pour l’instant, il fait la sourde oreille, nous n’avons pas de réponse du Préfet malgré nos diverses relances [1]. On sait pourtant que les budgets existent quand on voit tout l’argent utilisé pour bloquer les frontières... »

Contacté par Basta !, Cédric Herrou, un agriculteur poursuivi en justice pour aide aux migrants, atteste : « On attend que le Préfet se bouge. Depuis notre départ lundi, il y a déjà trente-cinq autres personnes qui sont arrivées chez moi... Il faut trouver des solutions ! » D’après l’association Roya Citoyenne, 120 à 150 migrants arriveraient à la frontière franco-italienne chaque semaine.

A lire sur le sujet :
- À la frontière franco-italienne, les habitants de la vallée de la Roya risquent la prison pour avoir aidé les migrants
- Des migrants détenus dans une zone de non-droit illégale, en France

En bref

Vidéos

  • Artisanat « Un métier n’est pas là pour vous emprisonner mais pour vous rendre libre »

    Voir la vidéo

Voir toutes les vidéos