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Coronavirus : l’Union européenne suspend le règlement poussant les avions à voler quasi à vide

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Alors que de nombreux avions volent à vide pour conserver leurs créneaux, la Commission européenne a annoncé, le 10 mars, des mesures pour mettre fin à cette aberration.

Avec l’épidémie de coronavirus, de nombreux avions volent à vide. Pourquoi ces vols ne sont-ils pas supprimés ? Pourquoi continuer à brûler des milliers de litres de kérosène pour des passagers fantômes ? Les compagnies aériennes renvoient la responsabilité à un règlement européen de 1993 concernant les « slots » ou créneaux horaires. Chaque compagnie aérienne a des créneaux pour ses vols. Ceux ci sont rediscutés tous les six mois, en novembre et juin, en suivant une règle, « use it or lose it » (utilisé ou perdu). Si les compagnies n’effectuent pas au moins 80 % des vols prévus sur leurs créneaux, ces derniers sont remis sur le marché. Une situation qui conduit les compagnies aériennes à maintenir leur vol, même s’il n’y a pas ou peu de passagers, plutôt que de les annuler.

Selon la réglementation européenne, cette obligation peut être suspendue en raison de « circonstances imprévisibles et irrésistibles ». Cette règle a notamment été assouplie à la suite des attentats du 11 septembre 2001, du développement du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003 en Chine et de la crise financière de 2008. Depuis l’apparition du COVID-19, des mesures d’assouplissement ont été prises concernant les vols à destination de Chine et de Hong Kong. L’Association internationale du transport aérien (IATA) demande à ce que cette dérogation ne se limite plus seulement aux marchés asiatiques et court au moins jusqu’en octobre 2020.

Le secrétaire d’État aux transports britannique a également écrit aux régulateurs de vols pour que cette règle soit reconsidérée. En France, le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire a demandé à la Commission européenne, le 9 mars, que « toutes les compagnies puissent conserver leurs créneaux aériens sans avoir à faire tourner leurs avions à vide ». « Il est totalement absurde que cette réglementation s’applique dans les circonstances actuelles », a commenté le ministre. Face au tollé, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a annoncé le 10 mars qu’un assouplissement temporaire des règles d’utilisation de ces fameux slots aéroportuaires allait être proposé.

Depuis le début de la crise du coronavirus, le secteur aérien est en difficulté. L’IATA estime que les pertes sur le secteur pourraient s’étendre à 113 milliards de dollars. Au bord de la faillite avant l’arrivée du coronavirus, la compagnie aérienne britannique Flybe vient de déposer le bilan. Le patron de la compagnie Ryanair prédit pour sa part un « retour assez rapide à la normale ». Le groupe allemand Lufthansa a fait le choix de clouer 150 avions au sol, soit 20 % de sa flotte. Air France a pour sa part décidé de réorienter son offre vers d’autres zones géographiques, essentiellement vers l’Amérique du Nord, l’Afrique, les Antilles françaises et la Réunion. Alors que l’avion demeure le mode de transport le plus émetteur de gaz à effet de serre par personne et kilomètre parcouru, des propositions concrètes pour limiter le transport aérien existent comme nous le relations dans cet article, quelques mois avant l’apparition du COVID-19.

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Photo de une : CC flickR (source)

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