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Vers le blocage des dépôts pétroliers ?

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L’avenir de la raffinerie de Total à Dunkerque devait être scellé le 1er février, à l’occasion d’un comité d’entreprise extraordinaire au siège du groupe à la Défense. L’annonce officielle de la fermeture de la raffinerie, et sa transformation en dépôt (quelques dizaines d’emplois préservés au lieu de 1000 actuellement), a été retardée à la fin du premier semestre 2010. Victoire pour les grévistes ou simple sursis ? Ce délai n’entrave en rien les projets de Christophe de Margerie, le PDG du groupe le plus financièrement rentable du CAC 40. Le « grand arrêt » de la raffinerie, une opération d’entretien qui a lieu tous les cinq ans, prévu en 2010, a été annulé. Une façon d’entériner la fin du raffinage à Dunkerque.

Face à la pression, la direction du groupe propose la création d’un futur centre d’assistance technique et d’une école à la raffinerie des Flandres. Que va-t-on y enseigner ? Que pour éviter les taxes écologiques, mieux vaut raffiner dans les monarchies pétrolières, comme l’Arabie Saoudite, hors des pays du protocole de Kyoto ? Qu’il est normal de réaliser des bénéfices de 12 milliards d’euros (en 2008 [1]), et d’annoncer l’année suivante aux quelque 1000 travailleurs du groupe à Dunkerque la fermeture de leur outil de travail ? Que « l’attrait pour les pays émergents » correspond à rendre concrète la mise en concurrence entre travailleurs ?

A Dunkerque, les 380 salariés et les 600 employés de la sous-traitance, sont revigorés par la présence, le 1er février à la Défense, de nombreux salariés des autres raffineries de Total venus contester la fermeture. Ils tentent de « radicaliser (le) mouvement », selon l’expression du coordinateur de la CGT. Trois syndicats (CGT, FO, Sud) ont lancé, le 3 février, un « ultimatum » à leurs patrons : si la raffinerie des Flandres n’a pas redémarré au 15 février, les ouvriers « prendront possession de l’outil de travail », comme le stipule un communiqué commun. Comprendre : bloquer les raffineries (action qui, si elle n’est pas massivement suivie, n’affectera pas le groupe, qui a assez de réserves) et, surtout, bloquer les dépôts, ce qui serait davantage problématique pour le groupe. Médias et politiques, qui ont dénoncé de concert le projet de fermeture, soutiendront-ils cette action syndicale ?

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