Climat

Brésil : le gouvernement conservateur ouvre la voie à la destruction de l’Amazonie

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L’Amazonie ne sera plus un sanctuaire dédié à la biodiversité et à la sauvegarde d’un climat vivable. Le 23 août, le gouvernement brésilien de Michel Temer (droite) a publié un décret ouvrant la voie à l’exploitation minière par des compagnies privées d’une vaste zone de plus de 46 000 Km2, un territoire plus grand que la Suisse, au sein de la forêt amazonienne. Le site était pourtant classé réserve naturelle depuis trois décennies. « L’objectif est d’attirer de nouveaux investissements », argumente le gouvernement intérimaire en place depuis la destitution, il y a un an, de Dilma Roussef, la présidente élue démocratiquement.

Quelques jours plus tard, face aux critiques, Temer a modifié le décret à la marge mais sans en changer le fond : la zone restera ouverte à l’exploitation minière privée, avec toutes les conséquences néfastes potentielles, en particulier en matière de déforestation et de risques pour les terres indigènes. Parallèlement, un projet de loi facilitant l’exploitation minières sur les terres des peuples indigènes est en cours d’examen au Sénat brésilien. Jusqu’à présent, 690 territoires autochtones abritant un demi-million d’indiens et couvrant 1/10ème de la superficie du pays, la plupart en Amazonie, avaient été reconnus par les gouvernements précédents.

Ces attaques sur la forêt amazonienne sont-elles compatibles avec les objectifs de réduction de gaz à effet de serre que le Brésil s’est fixés au moment de la COP 21, la conférence internationale sur le climat organisée à Paris en décembre 2015 ? C’est peu probable. Le gouvernement brésilien de Dilma Roussef avait à l’époque annoncé une baisse des émissions de gaz à effet de serre du pays de 37 % d’ici 2025, et de 43 % d’ici 2030, par rapport au niveau de 2005. Or, la déforestation provoque une augmentation du volume des gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère. Entre 2015 et 2016, la déforestation de l’Amazonie brésilienne a augmenté de 27 %, avec plus de 6200 km2 de forêt détruits. Depuis 2014, et l’arrivée au Congrès brésilien de nombreux députés « ruralistes », grands propriétaires terriens et représentants de l’agrobusiness, la déforestation augmente à nouveau dans le pays, alors qu’elle avait largement ralenti depuis le début des années 2000 [1]. Le décret pris par Michel Temer vient cependant, ce 30 août, d’être suspendu par la justice brésilienne. Le gouvernement a déposé un recours.

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