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Politique

Vers un « mouvement commun » ouvert aux citoyens pour refonder la gauche ?

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Un énième appel à refonder la gauche ? Pas si sûr. Le « mouvement commun » sera lancé ce 8 novembre à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Initié par le député socialiste Pouria Amirshahi, l’appel affiche de grandes « audaces démocratiques, sociales et écologiques ». Il ambitionne de « construire la France et l’Europe de demain » en inventant « un espoir commun, dans la délibération collective, plutôt que dans l’aventure personnelle ». Pas question, pour le député, de se lancer dans une vaine recomposition d’appareils politiques en déliquescence. « Ce n’est pas un parti de plus, mais un mouvement politique », assure à Basta ! Pouria Amirshahi. « Aller sur le terrain de la compétition électorale est à mon avis contre-productif. » Et ce, quels que soient les résultats des élections régionales et la configuration des scrutins présidentiels en 2017. Le député frondeur veut au contraire « prendre du temps ». Malgré les débâcles annoncées.

Et c’est peut-être ce qui fait le succès initial de l’appel. Signé par plus de 1500 personnes en cinq jours, il réunit déjà des militants et des personnalités de presque toute la gauche : des socialistes critiques (Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann…), des élus d’Europe Ecologie Les Verts (Cécile Duflot, Julien Bayou, Sergio Coronado, Noël Mamère…), du Front de gauche ou de ses composantes (Pierre Laurent notamment), des membres de Nouvelle Donne… Malgré la sympathie d’Olivier Besancenot pour l’initiative, il manque encore le NPA. L’enjeu : ne pas se limiter aux adhérents des partis et œuvrer à une véritable ouverture vers les artistes, les scientifiques, les entrepreneurs innovants, les ouvriers solidaires, la « jeunesse en mouvement et en réseaux », ou les « acteurs de luttes sociales et culturelles ». « Les acteurs de la société civile sont plus nombreux », insiste Pouria Amirshahi. « Sociologiquement et géographiquement, les signataires sont très variés. »

« On a laissé aux commandes une gauche qui n’a plus d’idées »

Depuis le 21 avril 2002, nombre d’initiatives de ce type, à la gauche du PS, ont fait long feu. Après le fiasco de la tentative de candidature unitaire en 2007, rares sont les dynamiques qui ont connu un succès relatif. Elles s’inscrivaient le plus souvent dans une perspective électorale. Malgré les bons scores aux élections européennes de 2009 puis aux régionales de 2010, la stratégie d’ouverture des Verts à la société civile avec Europe écologie s’est vite diluée dans les batailles internes. Le Front de gauche demeure un fragile cartel d’organisations où priment les rapports de force entre appareils. Nouvelle Donne, lancée par Pierre Larrouturou, n’a pas obtenu le succès escompté par ses fondateurs, issus des collectifs Roosevelt. « A nous de nous servir des expériences des échecs passés », positive Pouria Amirshahi, qui souhaite rompre le cloisonnement entre « des politiques qui cherchent d’autres modèles mais réfléchissent à huis clos » et « des citoyens actifs mais isolés ».

« Ce n’est pas seulement un débat interne à la gauche française. Les gouvernements sont presque partout perçus comme pas sincères ou incapables. On a laissé aux commandes une gauche qui n’a plus d’idées ». Il dénonce une « logique confiscatoire des pouvoirs et des richesses » et « le délitement progressif d’un pays qui n’a plus de causes communes ». Mais « il ne faut pas se complaire dans la critique impuissante et triste. Les procès permanents ne mènent nulle part ». A l’instar de ce qu’avaient initié les fondateurs de Podemos en Espagne, le Mouvement commun espère lancer une télé Web où débats et « bonnes nouvelles » alimenteront la réflexion sur les « contre-modèles ». Parmi les exemples positifs cités par le député, la lutte victorieuse des ouvriers de Fralib, les expériences de réappropriation des biens communs, le groupe coopératif Chèque déjeuner, ou la démocratie participative mise en œuvre dans le village de Saillans dans la Drôme. « Mais il y a une vraie résignation. Je ne sais pas si ça va marcher », conclut le député de 43 ans. Il a en tout cas entrouvert une porte vers de nouvelles perspectives.

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