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Environnement

Les alternatives aux pesticides de synthèse enfin autorisées

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La « guerre de l’ortie » va-t-elle prendre fin ? Voilà plus de dix ans que des associations luttent pour que les préparations naturelles dites « peu préoccupantes » (PNPP), comme le purin d’ortie, de prêle mais aussi l’argile ou le vinaigre blanc, ne soient plus soumises aux mêmes règles que les substances chimiques de synthèse (pesticides, engrais...). L’homologation de ces préparations naturelles alternatives se révélait jusque-là non seulement coûteuse – 40 000 euros en moyenne pour le dépôt d’un dossier – mais aussi très chronophage – plusieurs années pour obtenir l’homologation. En juillet 2014, un pas législatif avait été franchi, avec l’adoption de la loi d’avenir agricole qui reconnaît un régime simplifié pour l’utilisation et la commercialisation des PNPP.

L’application de la loi se faisait attendre (notre précédent article). Ce 30 avril, le ministère de l’Agriculture a enfin publié le décret relatif à la procédure d’autorisation des substances naturelles à usage biostimulant, jusque là appelées « PNPP » [1]. Une publication, « longuement attendue », dont se félicite l’association professionnelle pour la reconnaissance des préparations naturelles peu préoccupantes (Aspro-PNPP), qui défend depuis des années la reconnaissance de ces alternatives aux produits de synthèse souvent cancérogènes et polluants.

Une liste de produits autorisés à élargir

« Les produits qui contiennent uniquement une ou plusieurs substances autorisées par l’arrêté mélangées avec de l’eau, et donc accessibles à tout utilisateur, peuvent désormais être mis sur le marché sans autre formalité », précise le ministère de l’Agriculture. « L’autorisation de ces substances est ainsi simplifiée, plus rapide et chacun peut donc fabriquer et commercialiser ses propres produits pour stimuler la croissance des plantes. » Une première liste comprenant plus d’une centaine de substances naturelles autorisées a ainsi été publiée simultanément le 30 avril [2].

Cette liste doit être complétée par d’autres substances, après une évaluation de l’Agence nationale de sécurité sanitaire garantissant qu’elles ne présentent pas d’effet nocif sur la santé humaine, la santé animale et l’environnement. « Les substances qui figurent dans l’arrêté ne correspondent pas vraiment à ce qu’on utilise », regrette Jean-François Lyphout, de l’Aspro-PNPP. « Certes, il y a l’ail, l’ortie, la sauge... Mais on ne trouve par exemple aucune substance d’origine minérale ou animale comme le petit lait. Le décret est bon, mais l’arrêté est limitant. Tout n’est donc pas réglé. » L’association espère des « décisions rapides » de l’Agence nationale de sécurité sanitaire pour élargir la liste des alternatives aux pesticides de synthèse.

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