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Le gouvernement recule sur l’interdiction des pesticides « tueurs d’abeilles »

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Ils sont considérés comme des « tueurs d’abeilles ». Les néonicotinoïdes, famille d’insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes, sont pourtant largement utilisés dans l’agriculture. Une pétition, ayant recueilli 669 000 signatures pour demander l’interdiction des néonicotinoïdes, a été remise à la ministre de l’environnement Ségolène Royal le 16 juin par des ONG. La ministre leur a alors promis de « mettre tout son poids dans la bataille ». Dans la nuit du 22 au 23 juin, lors de la troisième lecture de la loi Biodiversité, les députés se sont finalement accordés sur une interdiction des néonicotinoïdes à partir de septembre 2018, mais avec des dérogations possibles jusqu’au 1er juillet 2020 [1].

Ces dispositions marquent un recul par rapport à la version adoptée par les députés en deuxième lecture à la mi-mars, qui prévoyait une interdiction totale au 1er septembre 2018, sans dérogation possible. Entre-temps, le Sénat avait détricoté la mesure, se prononçant pour une diminution progressive de l’usage des néonicotinoïdes, mais sans date limite. L’amendement finalement adopté en troisième lecture a été soutenu, avant le débat, par Ségolène Royal, qui souhaite « un geste fort » mais « avec du réalisme ». « Il faut fixer des perspectives claires pour que l’industrie investisse dans des produits de substitution », a-t-elle plaidé. « Si l’on peut se réjouir qu’une nouvelle fois l’Assemblée Nationale ait voté dans le sens d’une interdiction, la date adoptée laisse de plus en plus un goût de profit financiers au mépris de la santé humaine », souligne le syndicat des apiculteurs de Midi-Pyrénées.

Le vote a été froidement accueilli par l’association Agir pour l’environnement pour lequel cette décision « revient à simuler une interdiction qui dans les faits n’adviendra que dans quatre longues années ». L’ONG Générations futures y voit « un recul face aux pressions de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et des lobbies agrochimiques ». De son côté, la Fondation Nicolas Hulot rappelle « que les alternatives existent et que deux années sont suffisantes pour faire sortir ces produits (néonicotinoïdes) des fermes ». Le texte doit encore fait l’objet d’une navette avec le Sénat avant un ultime vote le 18 juillet à l’Assemblée.

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