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Menace d’expulsion

Notre-Dame-des-Landes : les blocages et rassemblements se multiplient

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Après la grande manifestation de samedi 9 janvier, la mobilisation se poursuit à Nantes et ailleurs en France pour protester contre l’expulsion des habitants de Notre-Dame-des-Landes. Divers barrages filtrants et blocages de périphériques ont été organisés en début de semaine. Mardi matin dès 7h30, à Vannes dans le sud de la Bretagne, quatre tracteurs, une caravane et une quarantaine de manifestants se sont installés devant la préfecture dès 7h30. « Nous voulions montrer que nous restons mobilisés, dit Julien, paysan dans le coin. Nous avons discuté avec les passants, avec la presse, nous avons fait de la musique... tout s’est bien passé. » Plusieurs médias se sont déplacés et le rassemblement a dû lever le camp en fin de matinée, sous les injonctions policières.

En fin de journée, au sud de Rennes, une dizaine de tracteurs et une centaine de manifestants se sont installés sur le rond-point qui enjambe la rocade de la ville et débouche sur la route de Nantes. « Ils menacent la zad, on bloque tout », était-il écrit sur un des morceaux de béton qui borde le rond-point. La banderole du collectif des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport (Copain), très mobilisé contre les expulsions qui menacent les paysans de la zad, était accrochée sur l’un des tracteurs présents. « L’objectif, c’est d’être vus, et de pouvoir expliquer à un maximum de gens ce qui est en train de se passer », détaille Joëlle, grand-mère retraitée et très active dans le mouvement d’opposition au projet d’aéroport.

Une vingtaine d’arrestations, des tracteurs confisqués

En fait de blocage, il s’agissait à Rennes d’un barrage filtrant : aux automobilistes disposés à parler, les opposants distribuaient des documents détaillant dix bonnes raisons de s’opposer à l’aéroport. « Beaucoup de gens connaissent la lutte, se réjouit une jeune femme. Certains nous félicitent même, et nous souhaitent bon courage. C’est un peu inattendu. » « Il y a aussi des gens furieux, relève Joëlle. Ils sont pressés, ils ont des rendez-vous, on les dérange. Je comprends. En même temps, si on est là aujourd’hui, c’est un peu pour déranger aussi. Des familles vont peut-être être expulsées de chez elles. Des paysans vont perdre leur outil de travail. C’est maintenant ou jamais ! » Le barrage a été levé vers 17h30, sans incidents.

En Loire atlantique, plusieurs opposants ont été arrêtés. 19 personnes ayant participé à la vaste opération escargot menée sur le périphérique nantais mardi matin ont été placées en garde à vue. Leur procès pour « délit d’entrave à la circulation » est fixé au 24 février. D’ici là leurs véhicules, placés en fourrière, ne peuvent être récupérés. La veille, trois paysans ont été arrêtés alors qu’ils rentraient chez eux pour la traite des vaches après avoir participé à des opérations escargots, barrages filtrants ou blocages ponctuels. Ils ont été placés en garde à vue, leurs tracteurs ont été saisis et emmenés sur plateau. Ils sont sortis vers 2h du matin, et ne peuvent pas, pour le moment, récupérer leurs tracteurs.

« Parmi les menacés d’expulsion, il y a mon père âgé de 88 ans »

« Nous dénonçons la volonté délibérée de provocation aux affrontements d’un dispositif policier très disproportionné et cherchant la confrontation », s’est indigné le collectif copain 44 [1]. Un important dispositif policier s’est également déployé mercredi matin, devant le tribunal de Nantes où se tient l’audience devant le juge des expropriations. Face à eux, près de 3000 opposants, venus soutenir les personnes menacées d’expulsion. « Parmi elles, il y a mon père, âgé de 88 ans. Il y a aussi des familles avec enfants. Si l’expulsion est prononcée immédiatement, ils pourraient devoir quitter leurs maisons avant le week-end. On ne laissera pas faire. On dressera des barricades s’il le faut », raconte Dominique Fresneau, co-président de l’Acipa, principale association opposée au projet [2]. Le délibéré sera rendu le 25 janvier prochain. D’ici là, diverses actions surprises sont envisagées. Et une grande manifestation de tracteurs et de vélos est prévue ce samedi 16 janvier à Rennes.

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