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Réchauffement

Accord de Paris sur le climat : gisements pétroliers et gaziers devront progressivement fermer

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Soixante pays ont pour l’instant ratifié l’Accord de Paris qui vise à maintenir la hausse des températures mondiales « bien en-deçà » des 2°C, et de s’efforcer de la limiter à 1,5°C [1]. En pratique, que doivent-ils mettre en œuvre pour y arriver ? La conclusion d’un nouveau rapport du groupe de recherche « Oil Change International » est claire : il faut écourter l’exploitation des réserves de pétrole, gaz et charbon en cours, si le monde veut parvenir à contrôler le dérèglement du climat [2].

Le rapport s’appuie sur les données de l’industrie de Rystad Energy, leader du conseil dans les secteurs pétroliers et gaziers, et les compare au « budget carbone », c’est à dire à la quantité maximale de gaz à effet de serre à ne pas dépasser. Or, la production attendue des puits et mines déjà creusés mais aussi des pipeline exploités, représente sur toute leur durée de vie restante, un potentiel d’émissions de gaz à effet de serre qui explose la limite des +2°C de réchauffement que le monde s’est fixé à Paris fin 2015. « Si le monde veut vraiment tenir les objectifs fixés à Paris, les gouvernements doivent mettre un terme à l’expansion de l’industrie des énergies fossiles », précise Stephen Kretzmann, le directeur d’Oil Change International.

Éviter un choc brutal

La première étape indispensable, souligne le rapport, est d’arrêter toute nouvelle construction d’infrastructures pétrolières, gazières ou d’extraction de charbon. Or, pour les vingt prochaines années, les projets d’investissements dans de nouveaux sites, mines et infrastructures de transports telles que des oléoducs, s’élèvent à 14 000 milliards de dollars... Autre recommandation : anticiper la retraite des champs pétroliers et gaziers existants, et des mines de charbon. Il s’agit donc de fermer progressivement de nombreuses mines, puits ou champs, avant que l’exploitation de leurs réserves n’arrive à leur terme. Le rapport liste ainsi les exemples de plusieurs grands projets à travers le monde qui ne peuvent plus continuer, à l’instar de l’extraction de vastes réserves de charbon dans le bassin de Galilée (notre enquête).

« À ce stade, cette sortie de l’ère des combustibles fossiles peut encore s’envisager de manière relativement progressive, mais plus nous repoussons le moment où nous l’engagerons réellement, plus la sortie qui s’imposera à nous sera brutale », souligne Nicolas Haeringer de l’ONG 350.org. « Outre le risque climatique, ce qui est ici en jeu, c’est la capacité qu’ont les acteurs, privés comme publics, à anticiper un changement de modèle économique et financier. » Et éviter ainsi que le choc ne soit trop brutal d’un point de vue climatique, mais aussi économiquement et socialement. Le rapport cite notamment l’exemple du Danemark où 40 % de l’électricité est issue des énergies renouvelables, et qui vise les 100 % d’ici 2035. Une voie à suivre.

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