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Sanofi, subventionné par l’État pour supprimer des emplois et verser des dividendes ?

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En pleine incertitude sur le rythme de la campagne de vaccination, Sanofi vient d’annoncer vouloir – encore – supprimer 400 emplois dévolus à la recherche. Le groupe pharmaceutique a touché plus d’un milliard d’euros d’aides publiques en France depuis dix ans.

Plus d’un milliard d’euros d’aides publiques en dix ans. Voilà une évaluation de ce que le groupe Sanofi a engrangé ces dernières années via le crédit d’impôt recherche (CIR), un dispositif d’aides publiques qui vise à soutenir et encourager les efforts de recherche des entreprises (130 millions d’euros par an environ selon les syndicats). Dans le même temps, Sanofi ne cesse de supprimer des emplois dans sa branche recherche et développement (R&D). Selon France Inter, les syndicats viennent d’apprendre de leur direction que 400 emplois supplémentaires seront supprimés. Soit une division par deux des effectifs de la branche depuis 2007 lorsque Sanofi France comptait encore 6000 personnes travaillant dans la R&D.

Le groupe Sanofi se porte pourtant très bien. Depuis le début de la pandémie, il n’a cessé de réévaluer à la hausse ses prévisions et résultats financiers. Notamment en raison d’une forte augmentation de ventes de médicaments antidouleurs, comme le Doliprane, utilisé en cas de symptômes liés au Covid. Au troisième trimestre 2020, Sanofi a annoncé un chiffre d’affaires de 9,48 milliards euros, en hausse de 5,7 %, et un résultat net qui croit de 9,4 %. Les résultats pour l’année complète devraient suivre cette tendance, justifiant un nouveau dividende record pour les actionnaires. En pleine pandémie, Sanofi leur avait déjà versé près de 4 milliards d’euros de dividendes, faisant du groupe l’une des neuf sociétés cotées au CAC40 à avoir maintenu ou augmenté son dividende en pleine crise sanitaire (lire notre article).

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« Mettre Sanofi et la France à l’excellence de la lutte contre le virus » s’était exclamé le 16 juin dernier Emmanuel Macron lors de sa visite du site de production de vaccins de Sanofi à Marcy-l’Étoile (Rhône). Il se félicitait alors des 610 millions d’euros d’investissements annoncés par le groupe, notamment pour une nouvelle usine de production de vaccins « aux technologies les plus innovantes ». À cette occasion, le président de la République annonçait un plan de relocalisation de certaines productions du secteur du médicament, et débloquait une enveloppe de 200 millions d’euros pour financer des infrastructures. Sans aucune condition sur l’emploi.

Quelques jours plus tard, le 26 juin, Sanofi annonçait que le vaste plan d’économies du groupe élaboré en décembre 2019, conduisant notamment à arrêter la recherche face au diabète et aux maladies cardiovasculaires, allait se traduire par la suppression de 1700 emplois en Europe dont un millier en France (sur 25 000 salariés en France, qui constituent environ un quart des effectifs du groupe). Cette suppression des 400 emplois dans la branche recherche en est la traduction concrète. Alors que ses vaccins ne sont toujours pas au point et que Sanofi continue d’être abreuvé d’argent public, le groupe persiste donc sans vergogne à supprimer des emplois. Et se félicite d’avoir fait de 2020 la 26ème année consécutive d’augmentation du dividende versé aux actionnaires. Chez Sanofi, la santé, c’est d’abord celle des actionnaires.

Maxime Combes

Photo : Metronews Toulouse / CC BY-NC-ND 2.0

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