Santé

Des machines pouvant mettre en danger les donneurs de plasma et plaquettes de nouveau autorisées ?

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Une enquête menée par basta ! et la cellule d’investigation de radio France en 2019 avait révélé les dangers des machines de prélèvement de plasma et plaquettes fabriquées par la société Haemonetics. Un temps suspendues en France, ces machines viennent d’être ré-autorisées.

Suspendues depuis 2018 par crainte d’un danger toxique, les machines de prélèvement de plasma et de plaquettes fabriquées par la société Haemonetics peuvent à nouveau être utilisées, puisqu’il « n’existe pas, à ce stade, de risque avéré », assure l’Agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) dans un communiqué publié ce 8 juin. Ce risque n’existe « ni pour les patients qui reçoivent les produits sanguins issus de tels dons, ni pour les professionnels qui manipulent les machines », complète l’ANSM. 

D’après une enquête menée par basta ! et la cellule d’investigation de radio France en 2019, les machines de prélèvement de plasma et de plaquettes fabriquées par la société Haemonetics ont une fâcheuse tendance à relâcher des particules potentiellement toxiques. Connu depuis plusieurs années, le problème n’avait pas été pris au sérieux, ni par l’entreprise, ni par les autorités sanitaires.

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Les risques de ces machines de prélèvement Haemonetics ont été confirmés l’année suivante, en 2020, au terme d’une enquête internationale, à laquelle basta ! avait participé (avec Médiapart et Radio France). Les documents ayant alimenté cette enquête à plusieurs mains avaient été analysés par un réseau de médias internationaux partenaires de la fondation The Signals Network, spécialisée dans la défense des lanceurs d’alerte. Or, cette fondation s’est dite très surprise par la toute récente décision de l’ANSM d’autoriser à nouveau l’usage des machines Haemonetics, estimant qu’il reste de nombreuses questions sans réponse : « Où sont passées les 300 machines mis a l’arrêt depuis septembre 2018 ? Nous n’avons reçu aucune réponse à notre demande d’accès a l’information envoyée au ministre de la Santé Olivier Véran, remarque Delphine Halgand-Mishra, directrice de The Signals Network. L’enquête préliminaire lancée par le parquet de Paris suite a la plainte de lanceurs d’alerte et de donneurs est toujours en cours. Et les donneurs attendent toujours de comprendre l’impact potentiel de leurs dons de plasma sur leur santé. »

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