Pollutions chimiques

Les spermatozoïdes, une espèce en voie de disparition ?

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La part moyenne de spermatozoïdes chez les hommes de 35 ans a diminué de plus de 30 % depuis deux décennies, révèle une étude française de l’Institut de veille sanitaire (INVS) – publiée le 5 décembre sur le site de la revue Human Reproduction. De 73,6 millions par millilitres de sperme en 1989, leur nombre est passé à 49,9 millions en 2005. Réalisée sur un échantillon très large (26 000 hommes), cette étude met clairement en évidence le phénomène. En plus de son assise statistique, l’échantillon est proche de la population générale car non sélectionné sur des critères de fertilité. Il reflète la diversité géographique de la France métropolitaine, et la période étudiée est longue (plus de 15 ans).

Se dirige-t-on vers une stérilité masculine généralisée ? Le taux de spermatozoïdes moyen des Français reste supérieur à celui en deçà duquel un homme est considéré comme stérile (15 à 20 millions/ml). La régularité du déclin – presque 2% par an – est cependant inquiétante. Quelles sont les causes de cette baisse de fertilité ? L’étude de l’INVS a été conçue pour analyser la qualité du sperme et non les facteurs de la diminution du nombre de spermatozoïdes. « S’il faut rester ouvert sur les différentes explications possibles, l’étude est plutôt en faveur de l’hypothèse d’un effet des perturbateurs endocriniens », explique l’épidémiologiste de l’INVS Joëlle le Moal, citée par Le Monde.

Les perturbateurs endocriniens, ce sont ces substances chimiques, présents dans de nombreux produits, qui miment l’action des hormones. Et peuvent avoir des effets très nocifs sur l’organisme, même à faible dose : malformations des organes sexuels, puberté précoce, cancers... Nous côtoyons tous les jours des perturbateurs endocriniens : pesticides sur les fruits et légumes traités, phtalates ou bisphénols qui entrent dans la composition des plastiques et emballages, notamment des produits alimentaires.

La dégradation de la concentration et la qualité du sperme expliquent sans doute, au moins partiellement, les soucis de fertilité auxquels sont confrontés un nombre croissant de couples. « Certains indicateurs laissent en effet penser que celle-ci tend vers la baisse. Une étude démographique montre par exemple que le nombre de femmes déclarant une incapacité à concevoir était de 3,6 % en 1978, 6,3 % en 1988 et 11,9 % en 1994 » soulignaient des chercheurs de l’Inserm en février 2012. « Plusieurs facteurs sont susceptibles d’influencer la fertilité » poursuivaient-ils, « l’exposition in utero à des facteurs reprotoxiques, des facteurs environnementaux (métaux lourds, perturbateurs endocriniens, pollution atmosphérique) ou encore comportementaux (surpoids - qui peut aussi en partie être causé par les polluants chimiques - tabagisme durant la vie intra-utérine ou à l’âge adulte) ou encore les facteurs infectieux ».

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