Ressources naturelles

Gaz de schiste : les pétroliers texans de Toreador lorgnent sur le bassin parisien

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Mercredi 6 avril 2011, plusieurs dizaines de militants du Collectif unitaire 75 « Non aux gaz et huiles de schiste » ont investi le siège social de la société Toreador Energy France. Leur objectif : interpeller l’entreprise qui a obtenu des permis de recherche d’huiles de schiste dans les départements de la Seine-et-Marne, de la Marne et de l’Aisne. Aucun responsable de Toreador n’a souhaité « rassurer » les militants.

Les sociétés Toreador et Hess Oil se sont associées pour forer dans le Bassin parisien sur une surface d’environ 3.400 km2. Le vice-président du conseil d’administration de Toréador n’est autre que Julien Balkany, demi-frère de Patrick Balkany, élu de Levallois-Perret et ami proche de Nicolas Sarkozy.

Julien Balkany n’est pas vraiment un ingénieur des mines. Il codirige un fond d’investissement, Nanes Balkany Partners qui a acquis en 2008, 5% du capital de Toreador. En 2009, la direction et le conseil d’administration ont été changés et le siège de la société transféré à Paris. Trois ans de présence à Paris ont transformé la société « en acteur implanté localement », comme l’indique le dossier de presse élaboré par Toreador et Hess oil. Toreador a revendu ses actifs pétroliers de Turquie, de Hongrie et de Roumanie et a recentré son activité sur la France.

Exploiter le filon de l’or noir en Seine-et-Marne

L’entreprise avait accepté le 10 février 2011, lors de la réunion organisée par Nathalie Kosciusko-Morizet (ministre de l’Écologie) et Éric Besson (ministre de l’Industrie), de suspendre ses travaux jusqu’à la mi-avril, date de la remise du rapport d’étape sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux du gaz et du pétrole de schiste. Quatre jours après la réunion, la mairie de Doue (Seine-et-Marne) recevait un courrier de Toreador annonçant le début des forages pour le 15 avril « par forage vertical ne comprenant pour l’instant aucune fracture hydraulique ». Tout est dans le « pour l’instant »...

Le fait de s’engager dans des travaux aussi onéreux laisse quand même présager que l’entreprise n’a aucun doute sur l’issue du rapport final dont la remise aura lieu le 31 mai. « Les deux sociétés sont certaines de leur capacité à utiliser dans le Bassin parisien les mêmes méthodes respectueuses de l’environnement, mises en œuvre depuis des décennies sur des centaines de sites à travers le monde », explique sans rire le dossier de presse du groupement. L’entreprise estime qu’environ 60 à 100 milliards de barils de pétrole pourraient être prélevés dans le sous-sol du Bassin parisien.

Vidéo : Nadia Djabali

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