Répression

Loi travail : huit mois de prison avec sursis pour un jeune manifestant

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« C’est un jugement politique. Martin, responsable des jeunes communistes de la Loire, paie pour tout le mouvement d’opposition à la loi travail ! » Les nombreux membres du comité de soutien de Martin [1] ne décolèrent pas. Le 6 septembre, le tribunal correctionnel de Saint-Étienne a condamné le jeune homme à huit mois de prison avec sursis et à verser 8350 euros d’indemnités, avec cinq ans d’inscription de la condamnation au casier judiciaire. Le tribunal l’a jugé coupable d’avoir blessé, à lui seul, sept policiers lors d’une manifestation contre la loi travail. « Ces actes sont formellement contestés par mon client », souligne Carine Thiébault, l’avocate de Martin, qui voit dans ce jugement « une décision éminemment contestable ».

Une permanence socialiste visée

Les faits dont Martin est accusé remontent au 12 mai. Ce jour-là, des députés sont interpellés dans toute la France. A Saint-Étienne, une banderole est déployée depuis le balcon de la permanence du député socialiste Jean-Louis Gagnaire. Quatre jeunes militants sont poursuivis, dont Martin, pour des faits de dégradations et de violences contre des policiers. Le procès a lieu le 13 juillet. Les trois camarades de Martin sont relaxés, mais pas lui. « A l’audience, on apprenait que la permanence Gagnaire était couverte par une caméra vidéo, et que l’intervention des jeunes dans la permanence (accusés d’avoir frappé et blessé les policiers) avait été filmée, mais cette vidéo n’était pas produite au procès par l’accusation, parce que jugée inintéressante... », rapporte Roger Dubien, des Réseaux citoyens de Saint-Etienne [2]. Plus de 750 personnes ont été poursuivies dans toute la France depuis le début de la contestation de la loi Travail.

- Lire aussi : Depuis le début des manifestations contre la loi Travail, plus de 750 personnes ont été poursuivies

Plusieurs actions avaient agité les rues de Saint-Étienne contre la Loi travail. Construction en parpaings du mur du dialogue social, guillotine du Code du Travail sur les marches de l’Hôtel de Ville, parade des esclaves enchaînés du Medef... « Ce sont des actions politiques et symboliques fortes qui ont été menées, et c’est ce que ce gouvernement ne supporte pas », dénonce le Comité de soutien de Martin. « Ils veulent faire taire cette jeunesse qui revendique un avenir serein échappant aux incertitudes du lendemain et aux dictats patronaux », réagit la CGT dans un communiqué [3]. Martin a jusqu’au 16 septembre pour faire appel de la décision du tribunal. « Il y a une sorte de lassitude », souligne son avocate. « Faire appel implique dix huit mois de procédures supplémentaires, c’est une source d’angoisse difficile à assumer. »

Mobilisation le 15 septembre

Une journée de grève et de manifestations est d’ores et déjà prévue le 15 septembre, à l’initiative de l’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) pour l’abrogation de la loi travail. « Nous entendons aussi réagir avec les moyens juridiques qui pourront être mis en œuvre pour contrer l’application de la loi et aller la contester dans toutes les entreprises et services », prévient Solidaires [4]. « Au delà nous aurons aussi à nous mobiliser en défense des syndicalistes, militants et manifestants réprimés. »

Sophie Chapelle

Photos : © Roger Dubien

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