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Catastrophe écologique en Louisiane à cause de la fracturation

Par Sophie Chapelle (12 décembre 2012)

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Elle n’a fait l’objet que de quelques manchettes et c’est pourtant une catastrophe écologique sans précédent qui s’est déroulée le 3 août dernier en Louisiane (Etats-Unis). En l’espace d’une nuit, plus de trois hectares de forêts marécageuses ont été engloutis, laissant place à un gouffre géant rempli d’eau, de saumure, de pétrole et de gaz naturel. D’après le site Truth-Out, les premiers signes du désastre sont apparus au printemps 2012 avec l’apparition de bulles dans les bayous, ces étendues d’eau formées par les anciens bras du Mississippi. Puis les résidents du comté d’Assumption Parish ont commencé à ressentir de petits tremblements de terres. Avant que la terre ne finisse soudainement par céder.


Crédit photo : OHSEP (prise le 21 août 2012)

La compagnie Texas Brine est dans le viseur des autorités publiques. Cette entreprise de forage et stockage basée à Houston traite depuis des années une caverne de sel souterraine, située sous la zone du gouffre, recourant à des techniques de fracturations. La saumure salée produite par ses puits est un élément vital pour l’industrie pétrochimique, rappelle Truth-Out. Des puits de forage pouvant atteindre 500 mètres ont été creusés pour repousser la saumure vers la surface. Or, selon certains géologues, « la pression dans la caverne aurait provoqué un "frack out" ». Autrement dit, la pression pour extraire la saumure de manière verticale aurait été trop forte, fracturant la roche vers la surface et provoquant l’effondrement de terrain.

Quatre mois après les faits, 300 résidents vivant à proximité du gouffre dénommé « Bayou Corne » n’ont toujours pas pu regagner leur domicile. La compagnie Texas Brine est astreinte au versement d’une somme hebdomadaire de 875 $ à chaque ménage évacué. La société a également été condamnée à une amende de 100 000 $ par le commissaire de la Conservation de Louisiane, ce 1er décembre, pour ne pas avoir empêché la contamination des cours d’eau avoisinants. A l’heure actuelle, des quantités incalculables de pétrole et de gaz continuent de s’échapper de Bayou Corne. Même si la technique utilisée est différente, faut-il y voir un avant goût des impacts de l’extraction des huiles et gaz de schiste ?

@Sophie_Chapelle sur twitter

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  • 1 - De Peio47  | 10:03 | 13 décembre 2012 |

    Je suis allé à la source sur le site "Truth-Out". J’y ai, dans les commentaires, trouvé la confirmation de ce que je pressentais à la lecture de cette brêve :

    Cet accident à conséquences écologiques n’a RIEN à voir avec la fracturation hydraulique.

    En réalité, et adapté en français, il y a une confusion entre deux mots : fracture et fracturation.

    Les cavernes souterraines de stockage dans des structures salifères sont créées par lessivage (d’où la saumure) ; et pas du tout par fracturation hydraulique qui visent à créer des MICRO-fissures et pas du tout des cavernes.

    Je ne sais pas si cette min-information est volontaire ou involontaire.

    NB Je suis extrêmement surpris que cette caverne de stockage ait été été créée à assez faible profondeur sous des sols mous de type alluvionnaires de type "bayous. Je ne suis pas du tout certain que des autorisations auraient été délivrées en France dans un tel contexte ; il y existe des cavernes de stockages créées par le même technique pour du stockage stratégique par exemple, mais sous des sols en roches dures (du coté de Manosque, par exemple) où ils sont en service depuis des années et des années. Sans incident !!

    Répondre

    • De Sophie Chapelle  | 11:55 | 13 décembre 2012 |

      @ Peio47 : La technique d’utilisation des ressources du sel souterrain par forage et pompage de la saumure, après injection d’eau douce, est une technique qui diffère en effet de la fracturation hydraulique. Comme vous pouvez le constater, nous ne parlons d’ailleurs pas de "fracturation hydraulique" dans l’article mais de "techniques de fracturation".

      Truth-Out évoque dans l’article un "frack-out" que le géologue Gary Hecox définit comme : "What is a frack-out is, is when you get the pressure too high and instead fracturing where you want, it fractures all the way to the surface." On rejoint là ce que j’ai écrit, à savoir que la pression pour extraire la saumure de manière verticale aurait été trop forte, fracturant la roche vers la surface et provoquant l’effondrement de terrain.

      Sur le deuxième point que vous évoquez, un géologue vient d’alerter la rédaction de Bastamag sur le fait que la technique de forage et d’extraction de saumure était notamment utilisée en Lorraine et provoquait des effondrements de terrain semblables. A suivre !

      Cdlt, Sophie Ch.

      Répondre

      • De André  | 08:50 | 22 décembre 2012 |

        Je me permets de demander d’interpréter de façon très prudente cette information.
        La technique d’utilisation des ressources du sel souterrain par forage et pompage de la saumure, après injection d’eau douce est une technique qui n’a rien à voir avec le fracturation hydraulique.

        Cette technique est utilisée quotidiennement en Lorraine. ( Varengéville et village voisins). Les dégâts que l’on y observe sont les mêmes avec des effondrements de terrain, créant de vastes effondrements équivalents des dolines (en pays karstiques).
        Des propriétaires sont indemnisés après beaucoup de péripéties judiciaires.

        Faire l’amalgame avec la fracturation hydraulique me semble une erreur qui pourrait nuire à la crédibilité d’une publication.
        Que les gisements de sel en Louisiane soit accompagnées de poches de pétrole et de gaz n’a rien de surprenant.
        Les dômes de sels (appelés diapir : voir une figure tirée au hasard sur le net) sont parmi les meilleurs gisements de gaz et de pétrole.

        Ne pas confondre les deux techniques, ni faire d’amalgames me semblent s’imposer.
        Scientifiquement, c’est prêter le flan à des critiques et à se déconsidérer.

        Remarque : Une autre technique est aussi utilisée en Lorraine (SOLVAY à Dombasle 54), c’est l’exploitation par galeries comme une mine. Il reste que les effondrements sont aussi possibles comme après les exploitations de mines de charbon.
        le "frak out" est je pense un faux ami...

        Le sous-sol exerce aussi des pressions qui s’expriment horizontalement. Vider le diapir de son sel va l’exposer à être écrasé comme un vulgaire tube de dentifrice ouvert, sous la pression de la main. Sauf que dans ce cas le diapir se fracture (frak out) et s’effondre sur le vide dû à l’extraction de la saumure.

        Je pense que le titre est à reprendre car il n’y aucune intervention de la fracturation Hydraulique dans cette affaire.
        L’extraction du sous-sol (Lorraine) par ces techniques de forage et de pompage provoquent les mêmes phénomènes, sans pétrole ni gaz, car ce ne sont pas des dépôts de sel en diapir. Le sel est resté en couche et n’a pas migré en diapir. Les conditions géologiques locales ne l’ont pas permis.

        Note : Si le titre de l’article et la référence à la fracturation hydaulique sont enlevés dans le texte, il est souhaitable de supprimer mon commentaire.

        Merci Bastamag pour le travail de qualité accompli.


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