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Recyclage

Le compost arrive en ville

Par Nolwenn Weiler (30 octobre 2007)

Le compost ne fait pas partie des grandes propositions du Grenelle de l’Environnement. Et pourtant ! En développant le recyclage des déchets alimentaires, Rennes est à la pointe en matière de tri des déchets. Si toutes les villes de l’Hexagone s’y mettaient, plusieurs centaines de millions d’euros seraient économisés !

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360 kg de déchets par an et par habitant - près d’1kg par jour ! - et deux fois plus qu’il y a quarante ans : les Français sont de gros producteurs d’ordures ménagères. En cause : les modes de consommation, les achats individuels, les habitudes alimentaires et cette manie très française de tout mettre dans la même poubelle ! Si le tri du verre et du papier entrent doucement dans les mœurs (51 % des Français affirment trier systématiquement leurs déchets ménagers), la plupart des citoyens continuent de mettre leurs déchets de cuisine dans la poubelle familiale. Alors qu’épluchures de légumes, restes du repas et marc de café régaleraient un bon compost. « Les déchets de cuisine, c’est en moyenne 30% du contenu de nos poubelles », rappelle Carole Gaudiche, chargée de la prévention et de la réduction des déchets à Rennes Métropole. Soit une centaine de kilos par foyer et par an, et 15 euros de collecte et de traitement pour la collectivité. Avec 25 composteurs collectifs installés en un peu plus d’un an, Rennes Métropole économise déjà 3700 euros par an (coûts de collecte, de transport et de traitement confondus).

Découverts lors d’un voyage d’études en Belgique (pays pionnier en matière de traitement des ordures ménagères) organisé par Rennes Métropole, les charmes du compostage sont promus sur la place rennaise par Francis Collin, conseiller en protection de l’environnement. Entre septembre et décembre 2005, il parcourt la ville à vélo, repère les immeubles dotés d’espaces susceptibles d’accueillir un composteur, prend contact avec les locataires et propriétaires, les informe, les convint, installe les composteurs et assure le suivi. Le tout bénévolement pendant plus de six mois ! «  Les personnes sont motivées pour agir concrètement et quotidiennement dans le sens du développement durable », constate-t-il. « Dès qu’il y a une demande, je vais voir s’il y a un espace vert adapté accolé à l’immeuble et je vérifie qu’il est assez loin des premières fenêtres pour qu’il n’y ait pas de nuisances olfactives. » Ceux et celles qui n’ont pas de jardinet d’immeuble peuvent aussi postuler : un accord a été obtenu avec les communes de Rennes Métropole pour la mise en place de composteurs sur l’espace public. Dans le nord de la ville, un composteur a ainsi été installé dans le parc du quartier.

Maître composteur, un métier d’avenir ?

Pour assurer un bon suivi du dispositif, des formations de maître composteur ont été instaurées. Encadrées par le Ciele (Centre d’information sur l’énergie et l’environnement, très actif sur la problématique des déchets), ces formations à la fois théoriques et pratiques enseignent en trois demi journées l’art du compostage. Passer un coup de fourche de temps en temps, apporter de la matière sèche s’il le faut, vider le composteur une fois par an et distribuer le terreau obtenu aux habitants intéressés. La présence d’un maître composteur est désormais une condition pour pouvoir installer un composteur. Cela permet d’avoir un relais fiable, d’être sûrs que le suivi sera bien fait et d’avoir, le plus vite possible, un site autonome et autogéré.

« Pour le moment, seuls 30% des foyers de chacun des immeubles équipés trient leurs déchets de cuisine », constate Francis Collin. Le potentiel d’augmentation du tonnage de ces déchets triés est donc très élevé ! ». Surtout si on y ajoute les millions de Français vivant en ville. Appliqué à l’échelle nationale, le compost pourrait rapporter gros ! Le traitement d’une tonne de déchets domestiques coûte en moyenne 150 euros par tonne. En équipant la moitié des Français de composteurs, la collectivité réaliserait une économie d’environ un demi milliard d’euros par an ! De quoi financer de nombreux projets de développement durable...

Nolwenn Weiler

En savoir plus

Centre d’information sur l’énergie et l’environnement (Ciele)

Rennes Métropole, numéro vert : 0 800 01 14 31

CNIID, Centre national indépendant d’information sur les déchets

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