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Solidarités internationales

Retraite : les salariés allemands et belges solidaires du mouvement français

Par Ivan du Roy (26 octobre 2010)

Provenant d’Europe, d’Afrique ou d’Amérique latine, de nombreux messages de soutien au mouvement social hexagonal arrivent aux sièges des confédérations syndicales. Parmi eux, le principal syndicat allemand, la DGB (7 millions d’adhérents), dénonce les conséquences néfastes de l’allongement de l’âge de départ à la retraite. Quant aux Belges, ils viennent de passer concrètement à l’action en bloquant un dépôt pétrolier de Total.

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Photo : piquet de grève à la raffinerie de Grandpuits en Seine-etMarne (© Daniel Maunoury)

La principale confédération syndicale allemande, la DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund) qui revendique sept millions d’adhérents, vient d’apporter son « soutien » et sa « solidarité » à leurs « collègues françaises et français ». Dans une lettre adressée le 21 octobre à Bernard Thibault, les deux dirigeants de la DGB, Michael Sommer et Annelie Buntenbach, critiquent vivement les conséquences de la réforme des retraites en Allemagne : « Les expériences en Allemagne ont montré que l’allongement de l’âge de départ à la retraite n’a pas rendu la retraite plus « sûre ». Tant qu’aucune solution ne sera trouvée aux problèmes structurels du marché du travail, le recul de l’âge de la retraite ne signifie rien d’autre qu’une diminution pure et simple du niveau des pensions. »

En Allemagne, si l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 67 ans, les salariés partent en moyenne entre 61 et 62 ans (contre 59 ans et demi en France). « Seule une petite partie des salariés parvient à tenir jusqu’à l’âge légal de la retraite - beaucoup partent avant pour raison de santé ou perdent leur emploi », précisent les responsables de la DGB. Le système de décote y est bien moins contraignant qu’en France où les salariés perdent 2,5% de leurs pensions par année de cotisation manquante. Et le taux d’emploi des 55-64 ans y est bien plus élevé (près de 60% contre 40% en France). Pour les syndicalistes allemands, « l’allongement de l’âge de départ à la retraite est donc socialement injuste et conduit à la privatisation des systèmes de sécurité sociale. » On est bien loin d’un certain discours médiatique qui vise à culpabiliser les salariés français sur la « chance » qu’ils auraient de ne partir qu’à 60 ans à taux plein comparé aux autres travailleurs européens.

Un dépôt pétrolier de Total bloqué en Belgique

La DGB n’est pas la seule à soutenir ce combat pour une « société solidaire » et « une juste répartition du fardeau de la crise ». La Confédération européenne des syndicats (CES) réaffirme également « son entière solidarité aux syndicats français dans leur lutte contre l’allongement de l’âge de la retraite », par la voix du britannique John Monks, secrétaire général de la CES. « L’ampleur de vos mobilisations confirme qu’au-delà de la réforme des retraites, l’emploi, les salaires, les conditions de travail mais aussi l’avenir des jeunes restent des problèmes centraux notamment depuis l’aggravation de la situation liée à la crise financière de 2008 », écrit-il dans un courrier adressé aux cinq syndicats français adhérents de la CES (CFDT, CGT, FO, CFTC, Unsa).

Les Belges vont plus loin : les fonctionnaires de la FGTB (Fédération générale du travail de Belgique) se déclarent prêts à empêcher le gouvernement français de contourner les effets de la grève dans les raffineries et les blocages de dépôts pétroliers via les voies navigables belges. Si le pétrole venu de Rotterdam devait emprunter les voies navigables belges, « nous procéderions immédiatement à des arrêts de travail le long de l’Escaut et de la Lys », prévient la Centrale générale des services publics (260.000 adhérents), affiliée à la FGTB.

La menace a été mise à exécution le 26 octobre à l’aube : des techniciens ont bloqué le dépôt pétrolier de Total à Feluy, en Belgique, non loin de Maubeuge. Les syndicalistes « soutiennent pleinement les mouvements des travailleurs en France et sont indignés devant la mise en cause pure et simple du droit de grève à travers la réquisition des salariés grévistes des raffineries du groupe Total. »

Le LKP en Guadeloupe, les Commissions ouvrières des Asturies (Espagne) et de nombreuses autres syndicats, de la Turquie au Brésil en passant par l’Afrique francophone, ont également adressé des messages de soutien au mouvement.

Ivan du Roy

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  • 1 - De arzi77  | 16:58 | 27 octobre 2010 |

    Quelle bonne nouvelle ! Donner à ce conflit une dimension européenne... en profiter pour dénoncer la source d’une veritable "malédiction européenne pour les peuples"... c’est une pale lueur d’espoir dans l’impasse ou nous a menés la construction européenne de ces 20 dernières années !

    Avec le Traité de Lisbonne, les partis de gouvernement, ("l’UMPS"...), n’ont pas le choix : leur politique doit "plaire aux marchés financiers" !

    Qui se souvient encore du nom de Hans Tietmeyer, ce financier allemand qui, lors de la négo du Traité de Maastricht, inventa une martingale diabolique pour donner plus de poids à l’avis des agences de notation… qu’à celui des peuples ?!
    Il y a 20 ans, la juxtaposition de 2 articles, (123 et 63 de l’actuel Traité de Lisbonne), fut la “trouvaille” de ce futur Président de la Bundesbank… pour “rendre les choses irréversibles”, comme il aime à le dire lui meme !

    C’est ainsi qu’en 2010, les statuts de la BCE sont à peu près ceux de la Bundesbank du siècle dernier : l’interdiction de la monétisation de la dette publique, (c a d. du financement direct de quelques % du budget par la Banque Centrale), et sa financiarisation obligatoire, (avec, pour les 16 pays de la zone Euro, un cout hallucinant de plus de 200 Milliards /an, bien plus que le budget de l’UE !), furent instituée en RFA, après la 2ième guerre mondiale, au nom du “Plus jamais ça !”

    La Cour Constitutionnelle de Karlsruhe devait veiller à rendre impossible l’usage qu’avait fait Schacht, (le premier ministre des finances du 3ième Reich), des… “MEFO Bills”, ces bons d’Etat, véritable monnaie parallèle, qui permirent, en moins de 10 ans, de faire d’un pays à l’économie écrasée par l’inflation et les dommages de guerre du Traité de Versailles… la première puissance militaire en Europe.

    Ce choix idéologique, (comparable à... l’interdiction de l’usage du marteau après… un assassinat à coups de marteau !), est un aspect méconnu de la construction européenne ; il nous empêche d’inscrire à la fois en dépenses ET en recettes de la loi de Finances, le poids des intérêts de la dette publique : il suffirait de nous verser ces interets “à nous mêmes”… c a d à la Banque de France, (un bien public depuis 1945), au lieu d’en verser environ 1/3 aux Français les plus riches, tandis que le reste est payé hors de France.

    Que dans l’un des 10 pays les plus riches du monde, de plus en plus de gens vivent et meurent dans les rues, compte tenu de la nécessité de réduire les prestations sociales et les services publics, est un effet de ce que l’on peut appeler la “malédiction européenne pour les peuples” : quand on a le choix entre plusieurs solutions, la construction européenne, (telle qu’elle se produit depuis l’effondrement du bloc communiste), fait en sorte que l’on choisisse toujours celle qui convient le mieux aux 10% les plus riches !

    Gloire à H. Tietmeyer, grand protecteur des banques & des fonds voyous qui, lors de la négo de Maastricht, a étendu la libre circulation des capitaux entre Etats membres… au monde entier ! De la sorte, les articles 63, 106, 107, & 123 du Traité de Lisbonne ont fait de l’UE un territoire… pas seulement de libre échange, mais surtout de… “libre prédation" !

    La destruction du tissu social pèse bien peu, face au dogme de “l’attractivité”… c à d que les gouvernements doivent faire ce qu’il faut pour ne pas déplaire aux agences de notation, et continuer à etre un véritable paradis, (y compris fiscal…), pour le “capitalisme de dérégulation à dominante financière” qui gouverne véritablement l’UE, et devient le fossoyeur de nos démocraties !

    L’exemple de Roosevelt qui, pendant sa présidence, porta à plus de 80% la taxation des plus hauts revenus, devrait nous inspirer une mesure simple et bien propre à assurer la résorption des déficits : une “Secousse 6 Smics”… c a d 80 ou 90 % d’impôt sur la fraction de revenu qui dépasse 9000 Euro /mois !

    http://www.france-alter.info

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