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Réfugiés

Un prêtre sommé de ne plus offrir l’asile de nuit dans son église

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« Tant qu’une solution humaine et digne ne sera pas proposée à ces gens, je ne vois pas comment on peut les mettre dehors », confiait Gérard Riffard, à Basta !, en janvier 2015. Depuis huit ans, ce prêtre accueille des sans-abri dans son église de Montreynaud à Saint-Etienne (notre reportage). Mais la préfecture de la Loire et le procureur viennent de signifier par oral à l’évêché qu’il n’était plus question pour Gérard Riffard d’offrir l’asile de nuit. Et ce, à partir du 11 octobre au soir. La nouvelle règle serait la suivante : les demandeurs d’asile peuvent rester toute la journée dans l’église s’ils le souhaitent, mais il ne faudra plus qu’ils dorment sur place, sinon, les locaux seront fermés.

Le combat de Gérard Riffard en faveur des migrants a commencé il y a une quinzaine d’années, peu après sa nomination à Montreynaud, situé en zone d’urbanisation prioritaire. Soutenu par le diocèse de Saint-Étienne, Gérard Riffard crée l’association Anticyclone, pour accompagner les demandeurs d’asile. L’hébergement d’urgence n’a jamais fait partie des objectifs de l’association, qui ne dispose pas des équipements nécessaires. « Mais à mesure que l’hébergement a été plus difficile à obtenir, de plus en plus de gens sont venus frapper ici », souligne le prêtre. En ce mois d’octobre 2016, l’église accueille chaque soir quatre-vingt personnes dont des enfants.

Suite à la décision du parquet de cesser l’hébergement de nuit, « des solutions ont été trouvées pour environ cinquante personnes » rapporte le prêtre. Certains seront relogés dans des appartements et d’autres ont trouvé des places d’accueil à l’asile de nuit. Mais une vingtaine de personnes ne savent toujours pas où dormir. Le procureur de la République à Saint-Etienne, Jean-Daniel Regnauld, a confirmé être à l’initiative de cette injonction, pour « faire cesser une infraction qui dure déjà depuis trop longtemps » [1]. Des raisons de sécurité sont mises en avant. Gérard Riffard, qui place le droit à ne pas dormir dehors au-dessus du code de la construction, promet de continuer de donner toute son énergie à l’accueil de jour. En septembre 2014, le juge avait reconnu « l’état de nécessité », en se fondant sur une décision du Conseil d’État, qui érige le droit à l’hébergement d’urgence au rang de liberté fondamentale (notre article).

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