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Sommet citoyen

Malgré l’état d’urgence, le village mondial des alternatives a accueilli 30 000 personnes

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« C’est vraiment une belle victoire », se réjouit Elise, alors que s’achève le Sommet citoyen pour le climat à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Sous le soleil hivernal et en dépit de l’état d’urgence, plus de 30 000 personnes ont participé les 5 et 6 décembre à un village mondial des alternatives initié par le mouvement Alternatiba, un Climat Forum porté par la Coalition climat 21, et un grand marché paysan. « Nous avons eu la confirmation de la préfecture jeudi soir pour la tenue des 240 conférences », précise Justine, impliquée dans l’organisation. L’état d’urgence faisait peser une épée de Damoclès sur l’ensemble des événements, depuis les attentats du 13 novembre à Paris. La détermination des mouvements à « proposer des contenus en-dehors de l’espace officiel de la COP21 » a été fructueuse.

« Construire et avancer ensemble »

Près de 300 stands se sont installés dans les rues de Montreuil libérées des voitures. Alimentation et agriculture, climat et énergie, éducation et mobilité, droits, solidarités et migrations... Onze quartiers thématiques, ponctués d’ateliers pratiques comme des fablabs, des ateliers de réparation vélos ou d’édification de murs en paille. Reconnaissables à leurs gilets verts, un demi millier de bénévoles ont orienté les visiteurs au milieu des « vraies solutions à la crise climatique ». Alors que des trocs de graines s’organisent sur fond de batucada, une démonstration de construction en chanvre est à l’œuvre. Plus loin, un grand jeu de l’oie sur les banques éthiques et les monnaies locales attire les chalands. Ici et là, on expérimente, on joue, on chante et on débat, notamment sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes jugé « climaticide ».

La spécificité de ce village mondial ? « Il rassemble des personnes venues de toutes les villes et régions qui ont initié la centaine de villages des alternatives créés depuis deux ans », précise Elise, l’une des coordinatrices. Chaque groupe local membre du mouvement Alternatiba est venu ce week-end présenter un projet issu de la dynamique locale. Celui de Saint-Quentin-en-Yvelines a par exemple présenté Enercity78, leur coopérative citoyenne de production d’énergie.

Un sommet international pour lutter contre l’évasion fiscale

Point d’orgue symbolique du village éphémère : la tenue du « sommet des 196 chaises ». Comme vous l’a relaté Basta ! ces derniers mois, un mouvement de réquisition citoyenne de chaises au sein d’agences bancaires dénonce l’évasion fiscale. Alors que les 196 États (et groupe d’États) de la 21e conférence des parties sur le changement climatique (COP21) communiquent sur leurs difficultés à trouver des financements pour l’adaptation climatique des pays du Sud, les mouvements sociaux rappellent que cet argent se trouve dans les paradis fiscaux.

Ce 6 décembre, ce sont donc 196 délégués de la société civile du monde entier, représentant une diversité de cultures et de mouvements engagés dans la lutte contre les dérèglements climatiques, qui ont siégé à Montreuil. Ils ont proclamé les « solutions des peuples pour financer la transition » : taxe sur les transactions financières, taxe carbone, restructuration des dettes publiques, désinvestissement des combustibles fossiles... Ce sommet s’est conclu par un appel à étendre au plan international la réquisition citoyenne de chaises [1].

Rendez-vous le 12 décembre

C’est à la Parole Errante, un espace culturel alternatif, que se clôt le sommet citoyen. Pour le mouvement Alternatiba, ces deux journées sont la preuve que « la société civile mondiale met déjà en œuvre des milliers d’alternatives concrètes permettant de résoudre la crise climatique ». Alors que les négociations au Bourget ne semblent pas se diriger, pour l’heure, vers un accord ambitieux et contraignant, Juliette Rousseau, coordinatrice de la Coalition Climat 21 met l’accent sur l’importance de faire grandir un véritable mouvement pour la justice climatique. « Dans ces moments d’adversité absolue, il nous faut pousser la transition dans nos pratiques, souligne t-elle. La question de fond, c’est comment on veut vivre tous ensemble dans un futur désirable ». Une question épineuse : le soir-même, le parti politique le plus hostile à l’écologie et au « vivre ensemble » arrivait en tête du premier tour des élections régionales.

La prochaine mobilisation est fixée le 12 décembre à midi à Paris, au lendemain de la clôture de la COP21. A l’initiative de l’ONG 350.org, des milliers de personnes portant un vêtement de couleur rouge devraient converger vers un lieu symbolique de Paris « dans une action de solidarité pacifique et stimulante ». Ce rassemblement doit former une ligne rouge géante symbolisant les limites à ne pas franchir pour protéger le climat [2].

Texte : Sophie Chapelle
Photos : © Jean de Pena / Collectif à-vif(s)
Sauf photo de l’ange avec sa chaise : © Jean-Paul Duarte / Collectif à-vif(s)

En bref

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