Elections

Pays-Bas : déroute des sociaux-démocrates, percée des partis écologistes et anti-austérité

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Les Néerlandais ont voté le 15 mars pour élire leur Parlement. Pendant la plus grande partie de la campagne, les sondages annonçaient la victoire du Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders, islamophobe, xénophobe et europhobe. Le PVV arrive finalement en deuxième place avec 20 sièges, soit un gain de 5 sièges par rapport à 2012. En revanche, ce qui marque ces élections est la déroute de la coalition sortante menée par le Parti populaire libéral et démocrate (VDD), appuyée par les travaillistes sociaux-démocrates du PvDA.

Certes, le VDD (droite) emmené par le premier ministre sortant Mark Rutte, reste en tête avec 33 sièges sur les 150 que compte la chambre basse du Parlement, mais il connait toutefois un recul de 8 sièges par rapport à 2012. Quant au PvdA, emmené par le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, il passe de 38 à 9 sièges ! « En tout, la coalition sortante perd 24 points, près de la moitié de son score de 2012. Ce n’est plus une sanction, c’est une gifle, observe Romaric Godin, journaliste à La Tribune [1].

Chamboulement à gauche

Les Néerlandais, qui se sont massivement rendus aux urnes avec un taux de participation estimé à 81 %, ont rejeté la politique d’austérité menée par la coalition de droite et des sociaux-démocrates. Le gouvernement avait notamment engagé une série de réformes structurelles sur le marché du travail, assouplissant les règles de licenciement et réduisant la durée des allocations chômage [2]. « Le travail à temps partiel atteint des records, les inégalités se sont creusées et le risque de pauvreté a augmenté, note La Tribune. Le problème de beaucoup de Néerlandais n’est pas l’Islam ou l’immigration, c’est bien leur niveau de vie. »

Ces élections marquent également un grand chamboulement à gauche. La Gauche verte (GroenLinks, alliée de EELV au Parlement européen), emmenée par Jesse Klaver, passe de 4 à 14 sièges. Ce parti pro-UE s’inscrit très clairement dans une ligne anti-austérité [3]. Les libéraux « de gauche » de D66, qui atteignent 19 sièges, soit 7 de plus qu’en 2012, sont eux-aussi très critiques sur la politique économique de la coalition. La gauche radicale représentée par le SP, parti anti-austérité et eurosceptique, a perdu un siège seulement (14 sièges contre 15). A noter enfin que la CDA chrétienne-conservatrice a connu une poussée, passant de 13 à 19 sièges.

76 sièges sont nécessaires pour détenir la majorité absolue à La Haye. Le ralliement d’au moins trois autres partis sera nécessaire au parti de droite VVD pour parvenir à une majorité au Parlement. Ce qui augure de plusieurs mois de négociations.

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