ça bouge ! 17 avril

Journée mondiale des luttes paysannes

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C’est dans un contexte alarmant pour le droit des paysans et des paysannes, que se profile le 20ème anniversaire de la Journée internationale des luttes paysannes. Alors que s’allonge la liste des défenseurs de droits humains, membres d’organisations paysannes et indigènes assassinés, menacés ou emprisonnés depuis début 2016 en Colombie, la Via Campesina appelle toutes celles et ceux qui croient en l’agriculture paysanne et se battent pour la souveraineté alimentaire à se mobiliser le 17 avril 2016. En France, une manifestation est notamment prévue à Bure pour défendre l’usage agricole des terres face à un projet d’enfouissement des déchets nucléaires.

« Ces derniers temps, les exemples des répressions que subissent les paysans et les paysannes dans leur lutte quotidienne pour leurs droits se sont multipliés », rappelle la Via Campesina, mouvement international des paysannes et paysans, dans un appel. Début mars, Berta Caceres, coordinatrice du Conseil civique des organisations populaires et autochtones du Honduras (COPINH) a été assassinée à son domicile. Une semaine plus tard en Colombie, un paysan de l’association paysanne de Arauca était tué et 3 autres paysans, d’une organisation également affiliée à la Fensuagro, étaient faits prisonniers.

« Ces 4 paysans colombiens viennent s’ajouter à une longue liste des personnes, défenseurs de droits humains, membres d’organisations paysannes et indigènes assassinées, menacées ou emprisonnées depuis le début 2016 en Colombie », déplore l’organisation internationale. « Ces faits meurtriers font écho à ce qui se passe chaque jour pour de nombreux paysans et paysannes et défenseurs de l’agriculture paysanne partout dans le monde ».

La Via Campesina appelle à organiser le 17 avril des manifestations, des débats publics, des projections de films, des marchés de produits paysans, des fêtes, ou des actions de solidarité. Cette date n’a pas été choisie par hasard : il y a 20 ans, le 17 avril 1996, une manifestation du Mouvement des Sans Terre au Brésil est attaquée par la police, qui tue 19 personnes. On parle depuis cette date du « massacre de Eldorado dos Carajás ». La Via Campesina entend par ces journées internationales « articuler des actions de dénonciation et de résistance », et « dialoguer avec l’ensemble de la société pour construire un autre modèle d’agriculture ». Elle recense sur une carte l’ensemble des événements prévus à l’échelle mondiale, dont deux vont se tenir en France :

- 24 heures de radio les 16 et 17 avril prochains, à l’initiative de l’émission de radio Canut à Lyon écoutable sur la FM et ici :

A l’occasion des 20 ans de la Journée internationale des luttes paysannes, « Les paysannes et paysans dans la lutte des classes », prennent l’antenne pendant 24 heures, du 16 avril à 15h, au 17 avril à 15h, pour relayer cette journée. Au programme :
- des discussions en direct avec des paysan-ne-s,
- des directs avec des actions et mobilisations à l’occasion du 17 avril,
- des rediffusions de reportages et entretiens pour comprendre les réalités et les luttes paysannes.

Retrouvez le programme complet et la liste des radios associatives partenaires partout en France sur le blog de l’émission ici et .
Pour toute autre information : luttespaysannes [@] riseup.net

- Printemps des luttes paysannes à Bure les 16 et 17 avril :

« Depuis 20 ans l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) prépare l’implantation de son projet insensé de gigantesque poubelle nucléaire CIGEO en Meuse et Haute-Marne. 300 km de galeries à 500 m sous terre pour déverser les pires déchets concentrant 99,9 % de la radioactivité française. 600 hectares d’installations de surface, 130 ans de travaux, 35 à 40 milliards d’euros de coût annoncé. La promesse absurde d’un risque zéro pendant 100 000 ans alors que les galeries s’effondrent déjà, tuant des travailleurs. Pour faire accepter l’inacceptable, l’agence fabrique le désert et confisque le territoire à toutes celles et ceux qui l’habitent et le cultivent.

Nous, habitant-e-s, paysan-ne-s de la région et d’ailleurs, individus et collectifs opposé-e-s à la nucléarisation du territoire, refusons cette fabrique du désert ! Le 15 novembre 2015 lors des« Semis Radieux » nous étions plus de 200, emmenés par 11 tracteurs, à enraciner notre résistance sur 2 hectares de l’Andra, à un jet de pierres de ses locaux. Blé, orge, avoine, moutarde, arbres fruitiers, arbres de haies, fleurs : le champ que nous avons semé ce jour là est celui des possibles ! Champ de la réappropriation des usages agricoles et nourriciers, champ de vies en résistance, champ de l’organisation commune !

Soyons encore plus nombreux à semer les terres le 17 avril 2016 pour nous réapproprier ce territoire que les aménageurs souhaiteraient vide et contrôlable ! Pour défendre l’usage agricole des terres. Pour nourrir la résistance à CIGEO et à son monde. Pour construire un mouvement large et joyeux de résistance à l’artificialisation des terres, aux projets imposés et à la marchandisation du monde. Dès le 16 avril, une journée de rencontres nationales sur les résistances à l’artificialisation des sols et l’accaparement des terres se tiendra à l’ancienne Gare de Luméville-en-Ornois, pour prendre le temps de la discussion, partager des analyses et élaborer des stratégies communes. »

Plus d’informations : vmc.camp et burestop.eu / Contact : terresdebure(a)riseup.net

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