Un média indépendant en accès libre, sans publicité, animé par sept journalistes, a besoin du soutien de ses lectrices et lecteurs. Faites un don à Basta ! En passant par J’aime l’info, un don de 50 euros ne vous coûte que 17 euros.

Avancement de la campagne : 27882 € sur 100000 € !

27.88%

Justice

Epandage aérien de pesticides : des riverains enfin reconnus comme « victimes »

par

  • Ajouter
  • Imprimer
  • Partager sur Delicious
  • Partager sur Google+

Quatre ans de procédures auront été nécessaires pour que des riverains corréziens soient reconnus « victimes des pesticides » par le tribunal correctionnel de Brive, en Corrèze. « Nous ne pouvions laisser poursuivre ces pratiques d’épandages aériens consistant à arroser notre environnement de produits dangereux sans réagir », soulignent Philippe Bravard et Laurent Deyzac, deux des trois plaignants. « C’est pour nous une grande victoire et un signe d’espoir pour l’avenir de nos enfants mais aussi la preuve que chacun d’entre nous peut faire changer les choses ». C’est en octobre 2011 qu’ils se constituent partie civile contre des épandages d’insecticides réalisés par voies aériennes sur des châtaigneraies à la fin de l’été. Si ces épandages sont interdits depuis 2009 par une directive européenne comme le rappelle notre enquête, ils se poursuivent en France grâce à des dérogations préfectorales.

En l’occurrence, les épandages utilisés contre le carpocapse, ravageur de châtaigniers, ont obtenu une dérogation du préfet de Corrèze, sur douze communes, pour une période comprise entre le 15 août et le 5 septembre 2011 [1]. Or, les plaignants, dont un apiculteur, dénoncent des traitements réalisés sur certaines communes « ne bénéficiant d’aucune autorisation ». L’ONG Générations Futures, qui s’est également constituée partie civile, pointe aussi « le non-respect des distances de sécurité vis-à-vis des habitations et jardins, l’absence d’information des riverains et des apiculteurs, comme l’absence de balisage des zones traitées ».

Les responsables de ces épandages viennent d’être condamnés à 5 000 euros d’amende assortie de sursis. Leur avocat a indiqué qu’ils ne feraient pas appel de la décision. « C’est la première fois que des riverains sont reconnus par la justice pénale comme victimes, relève l’avocat des parties civiles. C’est important car cela signifie que la justice veille aujourd’hui au respect de la réglementation en matière d’épandage de pesticides agricoles. Dorénavant la législation doit être respectée, sous peine de sanctions pénales. » Suite à ce verdict, l’Association de Médecins Alertant sur les Pesticides encourage à la création de zones tampons sans pesticides. D’après un recensement publié par les ministères de l’Écologie et de l’Agriculture, 22 régions et 66 départements sont concernés par l’épandage aérien (en 2009).

En bref

Vidéos

  • Artisanat « Un métier n’est pas là pour vous emprisonner mais pour vous rendre libre »

    Voir la vidéo

Voir toutes les vidéos