Témoignages Mobilisation européenne

Bientôt l’application du principe de précaution pour les ondes électromagnétiques ?

par

  • Imprimer
  • Partager sur Delicious
  • Partager sur Google+

Comment faire pour que les autorités européennes se penchent sérieusement sur l’application du principe de précaution en matière d’ondes électromagnétiques ? Plusieurs organisations et collectifs ont décidé de lancer une « initiative citoyenne européenne », qui permettrait, moyennant un million de signatures en provenance de sept pays différents, de faire pression sur la Commission européenne. Stéphane Sanchez, de l’association française Sans Onde, a participé fin juin au lancement du comité de soutien de cette initiative.

Des délégués de Suède, Espagne et France ont fait le déplacement jusqu’à Madrid. D’autres, du Portugal, Belgique et Italie, se sont portés solidaires par l’intermédiaire de vidéos et de textes contributeurs. Six représentants de six pays de l’Union européenne ont donc répondu présents, pour porter un message visant à préserver les citoyens de la nocivité, aujourd’hui prouvée, des ondes électromagnétiques. Pour qu’une initiative citoyenne européenne (ICE) soit activée, il faut réunir sept citoyens de sept pays membres différents, et collecter un million de signatures en douze mois. La Commission européenne serait alors obligée d’inscrire le sujet soulevé par les citoyens à son agenda.

Pour nous, les demandes sont très simples. Notre principal objectif est que la résolution 1815 du Conseil de l’Europe, adoptée en 2011, soit transcrite dans le droit européen. Ce qui permettrait de faire avancer ce problème de santé publique, véritable scandale sanitaire à venir. La résolution 1815 propose de rabaisser les puissances de réception imposées aux citoyens : elle indique que cette puissance doit être de 0,6 volt par mètre (V/m). Celle-ci est aujourd’hui en France de 41 V/m à 61 V/m. Soit 100 fois plus que la recommandation du Conseil de l’Europe [1] !

Créer des « zones blanches »

Cette résolution 1815 préconise également l’application du principe « ALARA » (as low as reasonably achievable), c’est-à-dire du niveau le plus bas qu’il soit raisonnablement possible d’atteindre, en prenant en compte non seulement les effets thermiques et athermiques mais aussi biologiques des émissions ou rayonnements de champs électromagnétiques.

Pourquoi faire tout cela ? Pour protéger les citoyens ! La question des personnes qui souffrent d’électro-hyper-sensibilité est centrale dans notre réflexion. Dans la résolution, il est mentionné la nécessité de mesures spéciales pour les protéger, en créant par exemple des « zones blanches », non couvertes par les réseaux sans fil. Équiper tous les lieux publics avec des fibres optiques, créer des zones blanches, lesquelles ne sont pas cantonnées au fin fond des campagnes où seraient reclus ceux qui ne peuvent pas supporter les ondes. Les zones blanches peuvent tout à fait être aménagées en milieu urbain : dans les transports en commun, les hôpitaux, les écoles, les habitations… Il s’agit d’endroits sans wifi (mais avec des connections filaires possibles), et dans lesquels on ne peut pas téléphoner avec un portable mais avec un téléphone filaire. Un peu à l’image de ce qui a été fait pour le tabac avec des espaces « non fumeurs ».

Contrôler les installations d’antennes relais

La résolution 1815 fait aussi référence à la mise en œuvre de la convention d’Ǻrhus, concernant la participation des citoyens aux décisions d’installations d’antennes relais. Actuellement, les opérateurs peuvent déployer leur matériel de réception où ils veulent, quand ils veulent, et comme ils l’entendent, sans même avoir besoin d’une autorisation de travaux. Nous pensons que cela doit cesser. Les citoyens doivent avoir un droit de regard sur les décisions susceptibles d’impacter leurs vies. Pour que la population ait la possibilité de se prononcer, il faudrait qu’elle soit avertie des projets d’installations d’antennes. Pour cela, il faudrait un organisme de contrôle indépendant.

Une rencontre est prévue à l’automne au Parlement Européen sur invitation des eurodéputées Michèle Rivasi et Sandrine Bélier (EELV). Cette rencontre réunira des associations et citoyens pour un échange avec les parlementaires et la poursuite de ce projet. D’ici là, nous lançons un appel pour que d’autres pays nous rejoignent au sein du comité de soutien de l’Initiative citoyenne européenne.

Stéphane Sanchez, Association française « Sans Onde »

Contacts :
- Peccem (Espagne) : coordinacion@peccem.org
- Sans Onde (France) : sans.onde@gmail.com

Photo : source.

Vidéos

  • Souveraineté populaire Vandana Shiva : « Le libre-échange, c’est la dictature des entreprises »

    Voir la vidéo
  • Mondialisation Crime environnemental : sur la piste de l’huile de palme

    Voir la vidéo

Voir toutes les vidéos