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Mouvement social

A McDo, une grève pour des augmentations et contre l’évasion fiscale

par Rédaction -

« Le franchisé nous a envoyé des vigiles les premières nuits, pour nous intimider », dit Gilles Bombard, de la CGT McDonald’s. Depuis vendredi 11 mai, le restaurant Mc-Donald’s du boulevard Magenta, près de la gare de l’Est à Paris, est occupé par des salariés grévistes et leurs soutiens. Vendredi, 200 travailleurs grévistes de « Macdo » parisiens et marseillais s’étaient mobilisés. Ils demandent notamment un salaire de base à 13 euros bruts de l’heure. Ils sont actuellement payés au Smic, soit 9,88 euros bruts de l’heure, « avec beaucoup de temps partiels imposés », ajoute Gilles Bombard.

Les salariés de McDonald’s dénoncent aussi l’évasion fiscale pratiquée par le géant du fast-food. « McDonald’s délocalise les profits, ce qui aboutit à rendre certains secteurs de l’entreprise déficitaires. Ainsi, McDonald’s ne paie presque pas d’impôt et pas de participation aux bénéficies pour les salariés », explique le représentant syndical. « Il y a de la richesse créée, mais elle n’est pas partagée avec les salariés. » La Commission européenne elle-même avait lancée une enquête fin 2015 sur les pratique de contournement fiscal de McDonald’s via le Luxembourg [1]. Les bénéfices générés par les redevances que paient les restaurants franchisés d’Europe et de Russie sont directement transférés vers le Luxembourg. Grâce à des accords spéciaux entre la multinationale et les services fiscaux luxembourgeois, McDonald’s ne paie aucun impôt sur ses revenus issus des restaurants franchisés. Le groupe de fast-food fait aussi depuis 2016 l’objet d’une enquête du parquet financier français pour fraude fiscale.

Le système des franchises par lequel McDonald’s gère une grande partie de ses restaurants permet aussi à l’enseigne de contourner les obligations en terme de représentation des salariés. « Par exemple, le franchisé qui gère le restaurant occupé de Magenta en possède quatre en tout en Île-de-France, sous contrat de franchise. Ils les découpe juridiquement de telle manière qu’il évite les obligations en matière de seuils sociaux, de comités d’entreprise ou de délégués du personnel… », précise Gilles Bombard. Sans délégués du personnel, il est difficile de négocier des augmentations de salaire, d’où le recours à la grève.

Photo : CC mimathology