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Marée noire

BP continue ses projets polluants

par Sophie Chapelle -

Un an après avoir entraîné la plus grande marée noire de l’histoire des États-Unis, British Petroleum (BP) reste sous le feu des critiques. Les États-Unis ayant stoppé tout nouveau forage dans le Golfe, le groupe pétrolier s’est tourné vers l’extraction de sables bitumineux dans le nord du Canada. Une coalition réunissant des représentants des communautés affectées par les projets de BP, de l’Alberta au Golfe du Mexique, ont décidé de se rendre à la prochaine assemblée générale du groupe le 14 avril à Londres.

« Le prix international pour une planète sale » sera remis à BP ce jour-là par Diane Wilson, une pêcheuse de la côte du Golfe du Texas, qui encourt 800 jours de prison pour avoir manifesté contre BP. Elle vient « exprimer la colère de milliers de résidents de la côte du Golfe dont les vies et les moyens de subsistance ont été détruits tandis que le conseil d’administration de BP continue de s’enrichir ». L’explosion en avril 2010 de la plateforme pétrolière « Deepwater Horizon » a causé la mort de 11 salariés et entraÎné le déversement de 4 à 5 millions de barils de pétrole en eaux profondes dans le Golfe du Mexique. Une catastrophe écologique évaluée à 40 milliards de dollars par BP, qui a enregistré au 3e trimestre de l’année 2010 un bénéfice net de 1,7 milliard de dollars.

L’équivalent d’une marée noire mensuelle dans le Golfe du Mexique

Les dommages environnementaux et sociaux générés par l’exploitation des sables bitumineux au Canada sont très importants. D’après Melina Laboucan-Massimo du Réseau environnemental des indigènes, « ces projets d’extraction “in situ” polluent l’eau et l’air, perturbent de façon spectaculaire les écosystèmes locaux, et émettent plus de gaz à effet de serre par baril que les mines à ciel ouvert ». Et d’ajouter que BP « opère sur les terres des peuples indigènes sans leur consentement ». La pollution issue de l’exploitation des sables bitumineux serait même « équivalente à une marée noire mensuelle dans le Golfe du Mexique », selon Jess Worth du réseau britannique contre les sables bitumineux.

Pour les communautés affectées par les projets d’extraction de BP, l’autorisation donnée à BP de reprendre ses forages en eaux profondes dans le Golfe du Mexique, dès juillet prochain, sonne comme un coup de tonnerre.

Sophie Chapelle