Gilets jaunes

La Maison du peuple de Saint-Nazaire menacée d’expulsion

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Lieu de débats, d’accueil, d’hébergement et abri pendant la crise sanitaire, l’avenir de la Maison du peuple, créée pendant le mouvement des gilets jaunes, est en suspens.

[Mise à jour le 8 juillet 2020 : le tribunal a prononcé l’expulsion de la Maison du peuple mais sans voie de fait (effraction ou dégradation). Cela permet à ses occupants d’obtenir un délai jusqu’à la mi-octobre, ce qui les rapproche de la prochaine trêve hivernale.]

Les jours de la Maison du peuple de Saint-Nazaire sont-ils comptés ? Ce 8 juillet, la justice ordonnera, ou non, l’expulsion de ce lieu d’organisation des gilets jaunes de Loire atlantique. Le bâtiment, qui appartient à la communauté d’agglomération, est vacant depuis 2011. Il accueille le « quartier général » des gilets jaunes de Saint-Nazaire depuis novembre 2019. Basta ! vous avait raconté le bouillonnement des discussions, des débats et des actions, réunissant travailleuses précaires, retraités, chômeuses ou sans abris (Lire notre reportage : « Ce qui se passe ici, cette entraide, je n’avais jamais vu ça » : reportage à la maison du peuple de Saint-Nazaire).

Espace d’élaboration politique et d’organisation d’actions, la Maison du peuple sert aussi d’hébergement à des personnes en situation de grande précarité. Une vingtaine de personnes y vivent en ce moment. Le lieu a permis « d’offrir un toit et du lien social à des personnes précaires particulièrement lors de la crise du Covid-19 », précise le collectif. Ce ne sont pas les services sociaux et les médecins nazairiens qui diront le contraire : depuis plusieurs mois, ils ont régulièrement sollicité les lieux pour l’accueil de personnes sans solution d’hébergement.

Après la maison, le « village du peuple »

« Les hébergements d’urgence mis en place lors du confinement sont en train de fermer et il est quasiment acquis que des solutions ne seront pas trouvées pour l’ensemble des personnes concernées », regrette le collectif. La communauté d’agglomération, propriétaire du lieu, « estime qu’il est urgent de nous expulser, là où bon nombre de bâtiments qu’elle possède sont vides ici et là. » Le collectif déplore cet empressement, et rappelle que les mois d’occupation ont été « ponctués d’intimidations et d’incivilités : plusieurs intrusions ou tentatives d’intrusion par la police municipale, coupure d’électricité, passages récurrents de véhicules de police devant le bâtiment, etc. » Début juin, ils ont dû batailler contre une coupure d’eau, alors même que la situation d’urgence sanitaire nationale perdurait.

En lien étroit avec la maison, et situé à quelques kilomètres de Saint-Nazaire, le village du peuple attend également, avec inquiétude, la décision qui sera prise ce mercredi. Installés à Donges, à deux pas d’une gigantesque zone industrielle qui abrite plusieurs usines chimiques, les habitant.es du village du peuple protègent une zone naturelle menacée par l’aménagement d’une nouvelle zone industrielle de 30 hectares. Ils et elles occupent un ancien corps de ferme abandonné et promis à la démolition si la zone industrielle voyait le jour. Ils appellent à des chantiers participatifs tout au long de l’été.

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