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Le lycée autogéré de Paris menacé par de nouvelles coupes budgétaires

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Depuis 1982, la vie du Lycée autogéré de Paris est jalonnée de batailles. Dernière en date, une mobilisation pour sauvegarder l’intégrité et la totalité des postes, qui figurait pourtant parmi les promesses du ministre de l’Éducation nationale.

L’équipe pédagogique du Lycée autogéré de Paris (Lap) verra-t-elle – encore – ses effectifs se réduire ? C’est ce que craignent les enseignants, en lutte depuis des mois pour conserver un demi-poste, sur les 25 que compte actuellement le lycée, où sont scolarisés environ 280 élèves. Un demi-poste, cela pourrait paraître secondaire. Mais au Lap, être enseignant à mi-temps, c’est incohérent, répond l’équipe, qui rappelle que le lycée ne compte pas de personnel de direction ni de surveillants.

« Le temps éducatif passé devant les élèves ne se réduit pas aux enseignements liés au programme », rappellent les membres du Lap, dans un communiqué de presse publié mi-mai. Sur les 25 heures effectuées a minima par les enseignants (la présence hebdomadaire oscillant souvent entre 26 et 29 heures), 11 à 13 h sont réservées à des activités parascolaires : projets, gestion du lieu, réunions d’équipes, ateliers et groupes de bases (lieux d’apprentissage à la citoyenneté et décisionnaires sur les choix de fonctionnement collectif).

« Le contact renforcé avec nos élèves se justifie par les choix pédagogiques faits à la création du lycée (en 1982, ndlr) mais aussi par la réalité de la population élèves qui nous apparaît de plus en plus fragilisée (fragilités psychologiques, familiales, sociales, scolaires). Nos temps de service enseignant ont tendance, pour ces raisons, à s’accroître de façon significative. »

Ce n’est pas la première fois que le lycée autogéré doit batailler pour continuer à exister. En 2011, il avait même été menacé de fermeture, avec l’annonce de la suppression de 5 postes. « Face à une très forte mobilisation, ils sont revenus sur leur décision, et ont accordé 4,5 postes, retrace Emmanuelle, enseignante au Lap depuis 25 ans. Nous avons ensuite bataillé pendant quatre ans pour récupérer notre demi-poste, et aujourd’hui, ils veulent à nouveau le supprimer ! À chaque fois, nous devons batailler, et toujours pour les mêmes raisons. Nos arguments ne changent pas ! »

Cette fois-ci, comme les précédentes, l’équipe a échangé maints courriers avec le rectorat, avant de lancer une pétition, puis de négocier un rendez-vous avec l’administration, qui a eu lieu le 6 mai dernier, par voie informatique. « Ils nous ont reçu parce que c’est le protocole, explique Emmanuelle, mais la décision était déjà prise. Il n’y avait rien à négocier. Cela a duré seulement 45 minutes. Ils nous ont dit ouvertement que cette baisse de dotation horaire était due à la réforme du lycée, alors que le ministre n’a cessé de dire qu’il n’y aurait pas de suppressions de postes. »

Les enseignants, qui refusent de financer le demi-poste manquant via des heures supplémentaires non payées – comme cela leur a été proposé –, demandent maintenant au ministre de se positionner, et lui ont adressé un courrier le 27 mai dernier. Ils n’ont, à ce jour, reçu aucune réponse.

Nolwenn Weiler

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