Débattre Répression

Multiplication des arrestations au Maroc : « Leur seul crime est de lutter pour la démocratie »

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Le 29 décembre, l’historien et militant des droits humains Maâti Monjib a été arrêté au Maroc. Avec cette arrestation, qui s’ajoute aux condamnations de plusieurs journalistes, militants et citoyens engagés, « le Maroc démontre qu’il est en train de sombrer dans un système politique autoritaire et répressif » alertent plusieurs organisations et personnalités.

Encore une fois, l’arbitraire vient de frapper au Maroc. L’historien et militant des droits de l’Homme Maâti Monjib a été arrêté dans des conditions scandaleuses le 29 décembre 2020 alors qu’il s’apprêtait à déjeuner avec son ami Abdellatif El Hamamouchi dans un restaurant du quartier Hassan à Rabat. Celui-ci a pu témoigner de la scène qui s’est déroulée très rapidement. M. Monjib a été littéralement kidnappé par huit policiers en civil descendus de deux voitures. Cet enlèvement humiliant de M. Monjib sans la moindre convocation de la justice, ce qui est illégal, vise à le discréditer auprès de l’opinion publique alors que M. Monjib a toujours respecté la loi.

Cet acte d’une extrême gravité fait suite à un acharnement judiciaire, policier et médiatique qui dure depuis cinq ans et qui n’a fait qu’empirer au fil des ans. C’est à partir de novembre 2015 que Maâti Monjib a été pour la première fois convoqué par la justice, il s’en est ensuivi une vingtaine de convocations qui avaient pour but de le harceler. Elles reposaient toutes sur des accusations mensongères fabriquées de toutes pièces et qui ont changé au fil du temps. Il a été accusé dans un premier temps « d’atteinte à la sécurité de l’État », mais cela n’a pas fonctionné faute de la moindre preuve. Il a alors été accusé, sans preuve, de « blanchiment d’argent ». Le but étant de donner « à l’affaire Monjib » une apparence de droit commun pour mieux le décrédibiliser alors qu’il s’agissait de s’en prendre au militant des droits de l’Homme. Malgré ces attaques diffamatoires, M. Monjib respectueux de la loi s’est toujours rendu à toutes les convocations judiciaires.

Parallèlement à ces accusations et à ces convocations judiciaires, M. Monjib s’est vu interdire de quitter le territoire marocain, interdire d’enseigner et de faire des conférences, interdire de se rendre à des rencontres universitaires internationales.

L’arrestation de Maâti Monjib est à situer dans un contexte de condamnations de plusieurs journalistes, de militants du Hirak du Rif, et de citoyens engagés, dont le seul « crime » est de lutter pour la démocratie et la justice sociale. Le Maroc démontre ainsi qu’il est en train de sombrer dans un système politique autoritaire et répressif.

Nous, signataires de ce communiqué, dénonçons l’arrestation arbitraire et scandaleuse du professeur Maati Monjib et clamons haut et fort son innocence. Nous exigeons la libération immédiate de Maati Monjib et la fin de toutes les poursuites injustes à son encontre. Nous sommes déterminés dans notre combat en faveur de M. Monjib. Notre mobilisation se poursuit avec toujours plus de détermination.

Le 31 décembre 2020.

Les signataires :
Les organisations :
ASDHOM (Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc)
JLM (Justice et liberté au Maroc : Association de défense des journalistes persécutés et harcelés au Maroc).
IMBB-MV(Institut Mehdi Ben Barka – Mémoire vivante)
PADS Fédération d’Europe (Parti de l’avant-garde Démocratique et Socialiste)

Signatures personnelles :
Paul Allies (Professeur émérite de science politique à la Faculté de Droit de Montpellier)
Jean Louis Romegas (Ancien député)
Gilles Perrault (Ecrivain)
Monique Serot-chaibi (Ecrivaine)
Jeaan-Paul Augier (Historien)
Mohamed Bentahar (Militant associatif)
Jean-François Meekel (Journaliste)
Joël Combres (Journaliste honoraire)
Bernard Dreano (Président du Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale) 
Radouane Baroudi (Cameraman/réalisateur, Belgique)
Sam Touzani (Artiste citoyen)
Sandrine Lacombe (Militante associative)
Françoise Bouron (Historienne)
Samad Ait aïcha (Journaliste)
Leïla Shahid (Ancienne déléguée générale de Palestine en France)
Julien Bayou (Porte parole d’EELV)
David Cormand (Député européen)
Abdellatif Laâbi (Ecrivain)
Pierre Galland (Sénateur honoraire, Belgique)
René Gallissot (Professeur émérite d’université)
Bachir Ben Barka (Militant associatif)
Malik Salemkour (Président de la Ligue des droits de l’Homme)
Jacques Gaillot (Evêque de Partenia)

En photo : Maâti Monjib

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