Procès

Victoire du lanceur d’alerte Gilles-Éric Séralini contre les pro-OGM

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C’est la première fois dans l’histoire juridique française qu’un lanceur d’alerte attaquait la partie adverse. Et c’est un grand soupir de soulagement pour les chercheurs engagés pour une responsabilité sociale et environnementale, après la décision rendue par le tribunal de grande instance de Paris. Le 18 janvier, le professeur Gilles-Éric Séralini [1], spécialiste des effets des pesticides et des OGM sur la santé, a gagné son procès en diffamation contre Marc Fellous [2], président de l’Association française des biotechnologies végétales, qui promeut les OGM.

L’affaire remonte au 21 janvier 2010, date à laquelle le professeur Séralini a été invité à l’émission de France 5, Le magazine de la santé, consacrée au thème « Les OGM : une menace pour la santé ? ». Considérant que « l’équilibre nécessaire au débat scientifique » n’avait pas été respecté, Marc Fellous a alors adressé un courrier à France 5 dans lequel il employait le mot de « marchand de peur ». Jugeant cette expression diffamatoire, Gilles-Éric Séralini a lancé une action judiciaire, la justifiant par le « harcèlement, les mises à l’écart et la dénégation de ses travaux ». Ces dernières années, le professeur Séralini s’est vu exclure du CNRS puis de l’INRA après avoir fait état des risques sur la santé du Round-up et de trois variétés de maïs transgéniques.

Le 18 janvier 2011, le tribunal de grande instance de Paris a condamné Marc Fellous à 4.000 euros de remboursement de frais de justice et à 1.000 euros d’amende avec sursis, ainsi qu’à un euro de dommages et intérêts. « En plein scandale sanitaire autour du Médiator et de nombreuses autres affaires (bisphénol A...) où se multiplient les exemples de confits d’intérêt, il est urgent de promouvoir le respect d’une expertise transparente et contradictoire », rappelle la Fondation Sciences Citoyennes. Plus de 1.000 scientifiques et 15.000 citoyens ont apporté leur soutien à Gilles-Éric Séralini.

Sophie Chapelle

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