Transports radioactifs

Un grave accident nucléaire évité de peu en Allemagne

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Le 1er mai dernier, un navire prend feu dans le port de Hambourg, dans le Nord de l’Allemagne. C’est seulement deux semaines plus tard, le 14 mai, que les autorités révèlent ce que contiennent les cales du cargo, l’Atlantic Cartier : des chargements de voitures, d’où le feu est parti, et... 33 conteneurs de matériaux nucléaires et d’explosifs [1]. Dont neuf tonnes d’hexafluorure d’uranium (UF6) et près de quatre tonnes de munitions ! À la suite d’une requête d’un élu écologiste, la municipalité a admis qu’il y aurait eu, en cas de propagation de l’incendie à ces conteneurs, « un danger pour la santé de la population et pour l’environnement », tout en ajoutant qu’« un tel développement n’a pas eu lieu grâce à l’intervention rapide des pompiers ». L’hexafluorure d’uranium est de l’uranium purifié destiné à être enrichi pour devenir du combustible nucléaire.

300 pompiers se sont démenés sur le cargo en feu et ont dégagé les 33 containers dangereux avant de parvenir, au bout de 15 heures, à éteindre l’incendie. La catastrophe a été évitée de peu. D’autant que des milliers de personnes étaient réunies à moins d’un kilomètre de l’incendie pour l’ouverture du Kirchentag, la plus grande manifestation de l’église protestante du pays.

Plus d’une centaine de cargos chargés de matériaux radioactifs passent par le grand port allemand chaque année. Hambourg est aussi la deuxième ville d’Allemagne, avec deux millions d’habitants. C’est un peu comme si les trains français de transport de combustibles nucléaires passaient par Paris ou Lyon. « Un port qui se trouve au milieu d’une ville avec des millions d’habitants est l’endroit le moins approprié pour le transbordement de matières radioactives », juge Jochen Stay, le porte-parole de l’association antinucléaire Ausgetsralht, qui exige l’arrêt des transports de matériaux radioactifs à Hambourg.

Une inquiétante question reste en suspens : comment l’équivalent de l’Autorité de sûreté nucléaire allemande (Bundesamt für Strahlenschutz) a-t-elle pu autoriser un transport maritime associant uranium, explosifs et éthanol (dont 18 tonnes étaient également à bord) ? Le cargo venait des Etats-Unis et appartiendrait à la compagnie Atlantic Container Line (ACL), basée dans le New Jersey, et appartenant au groupe d’armateurs italiens Grimaldi (basé à Naples). Selon les documents de l’autorité fédérale allemande que nous avons pu consulter, les chargements d’hexafluorure d’uranium appartiennent au groupe français Areva et au entreprises états-uniennes Westinghouse Electric et Global Nuclear Fuel. Ils sont destinés à l’usine d’enrichissement d’uranium d’Urenco – un groupe britannique – aux Pays-Bas.

- Mise à jour : 22 mai à 15h.
- Mise à jour 24 mai, 11h, suite aux informations sur les propriétaires des chargements d’uranium.

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