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Sables bitumineux : Total refuse de parler des risques

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À l’occasion de l’Assemblée générale de Total le 13 mai prochain, Greenpeace a préparé un projet de résolution pour obtenir plus d’informations sur la politique d’investissement du groupe pétrolier dans les sables bitumineux au Canada. Le géant français extrait environ 20.000 barils par jour de ce pétrole non-conventionnel dans la province d’Alberta, à l’ouest du pays. Une exploitation qui, selon Greenpeace, provoque des conséquences environnementales et sociales majeures, avec la destruction de la forêt boréale, la pollution des eaux et des sols, et l’émission de 4,5 fois plus de gaz à effet de serre que l’extraction de pétrole conventionnel. Malgré ces risques, Total prévoit d’investir dans cette exploitation entre 11 et 14,5 milliards d’euros.

Le texte de la résolution de Greenpeace demande une modification des statuts de l’entreprise, contraignant le conseil d’administration à communiquer, dans son rapport annuel de gestion, « l’impact des risques environnementaux et sociaux de l’ensemble des projets de sables bitumineux ». Une résolution qui a fait l’objet de multiples rebondissements... avant d’être finalement déboutée !

Des actionnaires de Total soudoyés ?

Le 17 mars, Greenpeace parvient à déposer sa résolution. Grâce au soutien d’une vingtaine de grands investisseurs européens, le projet a obtenu le quota nécessaire [1] pour être inscrit à l’ordre du jour de l’AG. Mais une semaine plus tard, deux gros actionnaires retirent leur soutien à la résolution, qui ne peut plus être inscrite à l’ordre du jour. « Que s’est-il passé entre le 17 et 24 mars pour que deux actionnaires ayant fait la démarche de déposer la résolution, se retirent après-coup du processus ? interroge Anne Valette, chargée de campagne Climat à Greenpeace. Il ne s’agissait pourtant que d’une résolution visant à plus de transparence… Total a-t-il si peur d’un débat en son sein sur le choix de ses investissements qu’il aurait passé quelques coups de fils aux actionnaires concernés ? » Cette fin de non-recevoir, signe fort de l’opacité de Total, ne peut que contribuer aux mobilisations croissantes, en Amérique du Nord comme en Europe, contre l’exploitation des sables bitumineux.

Sophie Chapelle

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