La Hague

Retraitement des déchets nucléaires : les cachotteries d’Areva

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Chez Areva, il y a aussi du déchet dans le traitement de l’information. C’est le constat dressé le 19 mai lors d’une conférence de presse par Éric Zelnio, responsable de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) chargé d’inspecter les usines de retraitement des déchets nucléaires de La Hague (Manche). Areva a sous-estimé, selon lui, trois événements survenus en 2010, en les classant au niveau 0 sur l’échelle INES [1] alors qu’ils étaient de niveau 1 (« anomalie »).

L’ASN est intervenue à plusieurs reprises auprès de l’établissement « pour modifier le niveau de classement proposé par Areva », souligne Éric Zelnio. « Il n’est pas normal que pour environ un quart [des événements], l’ASN soit quasiment obligée de se fâcher pour obtenir une déclaration. » Éric Zelnio a également déclaré avoir « découvert » certains événements lors de visites du site.

Le rapport d’activité 2010 de l’ASN mentionne bien d’autres anomalies à propos du site de La Hague. Il rappelle le reclassement en niveau 2 (« incident ») d’un événement qui a vu la « contamination au plutonium d’un intervenant en tenue étanche lors d’une opération ». Par ailleurs, « les bâtiments dans lesquels [ces] déchets anciens sont entreposés vieillissent et ne correspondent plus aux normes actuelles de sûreté ». L’ASN cite l’exemple du bâtiment 119 de l’INB 38 « qui présente un niveau de sûreté insuffisant en regard des exigences de sûreté actuelles ». Le site de La Hague, qui emploie 6.000 personnes, a été construit en 1961.

Quand Areva détecte des problèmes, c’est leur suivi qui est mis en cause : « l’analyse qui en est faite ne conduit pas toujours les exploitants du groupe AREVA à avoir une vision partagée des problématiques de sûreté [...] et à en tirer tous les enseignements ». Conclusion du rapport : « Plusieurs incidents montrent [...] toujours des faiblesses dans l’organisation de la sûreté et de la radioprotection des installations du groupe AREVA. » Pas de quoi nous rassurer.

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