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Réforme des retraites

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Réforme des retraites

- Adoption : 27 octobre 2010
- Auteur : Eric Woerth
- Mesure phare : L’âge légal de départ à la retraite passe de 65 à 67 ans
- Conséquence : Régression sociale majeure, frappant d’abord les ouvriers et les femmes.

La réforme des retraites menée par Eric Woerth allonge l’âge possible de départ à la retraite et la durée de cotisation. Celle-ci passe à 41,5 ans, soit 166 trimestres. L’âge légal de départ en retraite passe de 60 à 62 ans, à raison de 4 mois supplémentaires par an. Pour les salariés n’ayant pas cotisé suffisamment, l’âge légal de départ sans réduction de leur pension passe de 65 à 67 ans. Objectif affiché : équilibrer le financement des retraites et adapter la durée de cotisation et le temps de travail à l’allongement de l’espérance de vie.

Problèmes : cette réforme aggrave les inégalités existantes entre salariés et type de métiers. L’espérance de vie d’abord. Chez les hommes (à 35 ans) l’espérance de vie d’un cadre et d’un ouvrier varie de 6 ans (respectivement 82 ans et 76 ans). La perspective de profiter de sa retraite n’est pas la même. D’autant qu’à cela s’ajoute « l’espérance de vie sans incapacité » : profiter de sa retraite en bonne forme, pouvoir se déplacer normalement, ne pas connaître de gênes ou de maux de dos chroniques, ne pas subir de formes de surdité… Un ouvrier de 35 ans peut aujourd’hui espérer une « vie sans incapacité sensorielle ou physique » jusqu’à 59 ans. Cette espérance est de 69 ans chez les cadres, soit dix ans de plus. L’ouvrier sera donc usé avant même le départ à la retraite.

Autre inégalité : les femmes. A cause de salaires inférieurs, du temps consacré à la maternité ou à l’éducation des enfants, et des temps partiels souvent imposés, les femmes touchent une pension moitié moindre que celle des hommes : 745 euros en moyenne contre 1550 euros (en 2004). Même avec les mécanismes de compensation, quand un homme touche 100 euros de pension, une femme ne perçoit que 62 euros. En allongeant leur âge de départ à la retraite sans prendre en compte ces réalités, la réforme aggrave cette inégalité.

Enfin, les salariés qui en souffriront le plus sont ceux ayant travailler très tôt, donc moins diplômés, réalisant des métiers souvent pénibles en échange de salaires modestes. « Injuste, inéquitable et de mauvaise foi », commentaient l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva) et l’Association des accidentés de la vie (Fnath). « Il écarte les salariés qui ont été exposés à des produits cancérogènes et qui ont de ce fait une espérance de vie réduite, mais pas de traces physiques de cette atteinte. » Les financiers peuvent se réjouir : mourant plus jeunes, ils coûteront moins cher.

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Lire à ce sujet sur Basta ! :
- Pour financer les retraites, le gouvernement est-il prêt à laisser crever les salariés ?
- Une femme à la retraite ne vaut que la moitié d’un homme
- Les ouvriers, premières victimes de la réforme des retraites
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