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Réforme de l’université : toujours plus d’étudiants, toujours moins d’enseignants

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Le mouvement étudiant prend de l’ampleur contre la mise en place du système de sélection Parcoursup, alors que le gouvernement a pris le parti de le réprimer en envoyant les forces de l’ordre évacuer des universités bloquées. Signe d’une nouvelle dégradation de l’enseignement supérieur, les annonces d’ouverture de postes d’enseignants-chercheurs à l’université ne laissent présager rien de bon.

Lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le 4 avril, la ministre de l’Enseignement supérieur défendait la réforme voulue par le gouvernement : « Il y a encore de la pédagogie à faire pour rappeler que la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants a pour objectif de mieux accompagner vers la réussite les étudiants les plus fragiles ». Elle avançait que « le gouvernement investit un milliard d’euros dans la refonte du premier cycle universitaire ». Où devrait donc aller ce milliard annoncé par la ministre ? À des postes d’enseignants, chargés d’accompagner les étudiants « les plus fragiles » vers la réussite ? Il semble que non.

Hausse du nombre d’étudiants, baisse du nombre de profs

Cette année, 1986 postes d’enseignants-chercheurs sont ouverts au concours, pour la rentrée 2018 donc. Un triste record : c’est la première fois que moins de 2000 enseignants-chercheurs seront recrutés depuis dix ans. En 2017, 2204 postes avaient été ouverts, contre 3613 sept ans plus tôt [1]. La baisse est constante. Entre 2010 et 2018, le nombre de postes d’enseignants-chercheurs ouverts au concours a ainsi été réduit de 45 %. En 2016, quelque 70 000 enseignants titulaires dans l’enseignement supérieur français, et 30 000 non titulaires étaient recensés [2]. Soit exactement le même nombre qu’il y a cinq ans. Pourtant, le nombre d’étudiants augmente, lui, constamment depuis une décennie : ils étaient 1,4 millions à la rentrée universitaire de 2006, et 1,62 millions dix ans plus tard [3]. « Entre 2009 et 2015, on a compté 280 000 étudiants de plus, quand 7147 postes de titulaires ont été supprimés », précise un article du Monde diplomatique d’avril.

Pour la « réussite des étudiants », qui est pourtant le nom de la loi du gouvernement pour l’université, il faudrait bien plus, selon le syndicat de l’enseignement supérieur Snesup-FSU. « Le Snesup-FSU défend un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche de qualité
et ouvert à toutes et à tous
, écrit le syndicat dans un communiqué du 6 avril . « Il attend pour cela des postes statutaires et un investissement à la hauteur des besoins et des attentes de la jeunesse, soit 20 milliards d’euros sur dix ans. » Contre la mise en place d’une sélection des lycéens via le système Parcoursup, quelque 70 université et facultés ont décidé de ne pas classer ni sélectionner les candidatures d’entrée en première année [4].

Photo : CC Camille Stromboni

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