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Quand les militants du parti présidentiel jouent à la police

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La visite de Nicolas Sarkozy le 17 mars, à Ornans en Franche-Comté, continue de faire des vagues. L’ampleur du dispositif de sécurité - 20 barrages et 500 militaires mobilisés - a suscité une polémique. Mais c’est surtout l’intervention sur ces barrages de militants UMP, qui ont délivré des autorisations de circuler dans le secteur, qui provoque le plus de remous. En toute illégalité, ces militants d’un genre nouveau ont procédé à des contrôles d’identité.

Interviewé par l’Est Républicain, Michel Viennet, un des dirigeants de l’UMP du Doubs, a expliqué que les militaires étaient épaulés par une centaine de militants UMP et GP (Groupe de protection du parti), qui avaient pour seule consigne de demander la carte du parti à ceux qui voulaient passer sans invitation. Gérard Thibord, responsable de la CFDT, décrit pour sa part comment un homme portant un badge avec le logo du parti présidentiel lui a demandé de présenter sa carte d’identité… Radio Plein Air rapporte également que l’un de ses reporters, voulant accéder à la manifestation des salariés de Rivex, a été bloqué par un de ces militants.

Le PS local, dans un communiqué, s’interroge sur ces autorisations de circuler sur critères politiques : « Qu’à l’occasion d’une visite présidentielle, l’UMP convoque une brigade des applaudissements appelée à montrer à la télé que Monsieur Sarkozy est toujours populaire, c’est une chose. » Mais « que ce rassemblement de fans soit organisé au terme de filtrages de police officielle ou privée relève d’une discrimination contraire aux traditions républicaines ». Le PS pose également la question du rôle de ce groupe de protection du parti : est-il « l’héritier du fameux SAC (Service d’Action Civique) qui défraya la chronique » ?

Quand les militants du parti au pouvoir en viennent à jouer les auxiliaires de police, c’est l’État de droit qui vacille...

Agnès Rousseaux

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