Industrie textile

Quand Adidas, Calvin Klein, H&M ou Lacoste perturbent vos hormones

par

  • Ajouter
  • Imprimer
  • Partager sur Delicious
  • Partager sur Google+

La présence de perturbateurs hormonaux pourtant interdits dans l’Union européenne a été détectée dans des vêtements de 14 grandes marques. C’est ce que montre un rapport de Greenpeace, intitulé « Dirty Laundry 2 » et rendu public le 22 août à Pékin. Parmi les marques concernées : Adidas, Calvin Klein, Converse, H&M, Lacoste, Nike, Puma, Ralph Lauren...

Greenpeace a analysé des échantillons de vêtements pour hommes, femmes ou enfants, achetés dans 18 pays, notamment en Europe, et fabriqués dans une douzaine de pays, en particulier d’Asie. Résultat ? Des « éthoxylates de nonylphénol (NPE) » [1] ont été détectés dans les deux tiers de ces échantillons. Ce produit chimique est très souvent utilisé comme détergent dans l’industrie textile. Dans les égouts, le NPE se décompose en nonylphénol, un perturbateur hormonal, qui peut « contaminer la chaîne alimentaire » et s’accumuler au sein des organismes vivants, « menaçant leur fertilité, leur système de reproduction et leur croissance », décrivent les responsables de l’ONG. Un produit chimique toxique et persistant, « dangereux même à de très faibles doses », explique le rapport.

Un problème pour les ouvriers qui fabriquent ces vêtements et les populations environnantes, mais aussi pour les consommateurs, car le NPE est également relâché lors des lavages. Ce que confirme l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) qui rappelle que les NPE sont classés « comme substance dangereuse prioritaire ». L’emploi de ce toxique pour le nettoyage industriel et sa mise sur le marché sont d’ailleurs interdits par une directive européenne depuis 2003.

Ce rapport montre que des vêtements contenant du NPE sont importés dans des pays où cette substance est pourtant interdite dans l’industrie, comme c’est le cas pour l’Union européenne. Et que l’utilisation de ce produit n’est pas limitée à l’industrie textile chinoise : de grandes marques de vêtements contribuent à la propagation de cette substance toxique pour l’homme et l’environnement.

Agnès Rousseaux

© Photo

En bref

Vidéos

  • Loi travail L’affaire du barrage forcé de Vitrolles : pour la première fois les principales victimes s’expriment face caméra

    Voir la vidéo

Voir toutes les vidéos