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Législatives

Portrait de candidats : Akli Mellouli, un socialiste contre l’oligarchie

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Difficile mission pour Akli Mellouli, candidat du PS dans la 1re circonscription du Val-de-Marne, tenue par la droite depuis trois décennies. Cet ancien éducateur fait partie des candidats que Basta ! a choisi de rencontrer car ils incarnent, chacun à leur manière et sous des étiquettes différentes, une véritable volonté de transformation écologique, sociale et démocratique.

Akli Mellouli reçoit avec bonhomie dans sa permanence de Saint-Maur-des-Fossés (1re circonscription du Val-de-Marne). Au milieu des piles d’affiches électorales, alors que son staff de campagne s’affaire, la bonhomie cède vite la place à la fougue lorsqu’il parle de ce qui le motive. Surprenant pour un socialiste : le premier sujet qu’il aborde longuement est l’écologie. Malbouffe, santé, dérèglement climatique et emploi… Pour Akli Mellouli, c’est bien le « modèle de société qu’il faut remettre en cause ».

Lutte contre les inégalités

Les enjeux environnementaux ne sont ni « un gadget » ni « une sorte de supplément d’âme », mais bien « un fondement à mettre au cœur des réflexions chaque fois que l’on pense emploi, économie et cadre de vie ». Sa circonscription abrite le deuxième port d’Île-de-France, à Bonneuil-sur-Marne (un million de tonnes de trafic fluvial). Akli Mellouli y voit une occasion pour un « nouveau projet d’éco-industrie » centré sur les barges fluviales. « Une seule barge, c’est cinquante-deux camions en moins sur les routes et des dizaines d’emplois en plus. »

Pour le candidat, l’écologie va de pair avec la lutte contre les inégalités sociales. Les « îlots de bien-vivre », par exemple. Ils parsèment sa circonscription, qui s’étend sur quatre communes (Bonneuil-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés, Créteil et Champigny), mais concernent peu les habitants des grands ensembles. « Prenez le logement, c’est une formidable opportunité pour la transition énergétique et pour lutter contre le gaz à effet de serre. On crée de l’emploi tout en aidant propriétaires et locataires à baisser leur facture énergétique. »

Du local au global

Akli Mellouli est profondément opposé à la « mainmise d’une certaine oligarchie » sur la pensée et les décisions politiques. Il conteste le poids des énarques, « de ceux qui ne voient la France que d’en haut ». Pour lui, il faut donner la parole et le pouvoir de décision à « ceux qui viennent d’en bas, qui n’ont pas les bons réseaux, qui ne sont pas les héritiers désignés par une oligarchie bien-pensante ». Cette France d’en bas, ce fils d’ouvrier arrivé dans le Val-de-Marne à l’âge de 6 ans la connaît bien : en tant qu’animateur au sein d’une MJC puis comme coordinateur d’un projet européen de lutte contre les discriminations, Equal.

« Pour que la gauche ne déçoive pas, il faut que soient présents à l’Assemblée des hommes et des femmes qui ont une vision du local au global », insiste-t-il. Le global justement : il s’oppose au Pacte pour l’euro (arrivé en tête des mesures à abroger pour nos lecteurs) bien loin d’être un pacte de relance. « Jusque-là, ce ne sont que des dogmes qui ont été appliqués. Or, les dogmes empêchent de trouver d’autres voies et de sortir de l’uniformité, de voir le monde de manière ouverte. » Pour Akli Mellouli, le combat électoral sera rude : la circonscription est tenue par la droite depuis trente ans. En 2007, le candidat de l’UMP s’est affronté au Modem au second tour.

Eros Sana

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