Île-de-France

Plusieurs milliers d’ouvriers sans papiers en grève

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Depuis deux semaines, 4.000 travailleurs sans papiers se sont mis en grève en Île-de-France, ont occupé leurs entreprises ou leurs chantiers, et se sont regroupés par secteur d’activité : bâtiment, restauration, nettoyage ou sécurité. Le siège de la Fédération nationale des travaux publics (8ème arrondissement) a ainsi été investie le 12 octobre, ou le chantier de Bouygues à Massy. Le siège du Medef de Seine-Saint-Denis a été occupé par des travailleurs chinois le 23 octobre, avant que ceux-ci ne soient délogés par la police. Le très huppé restaurant Georges, situé au sommet du centre Georges Pompidou, également occupé par ses serveurs et cuisiniers sans papiers, a accueilli le 27 octobre une conférence de presse. Le mouvement est soutenu par plusieurs syndicats (CGT, CFDT, Solidaires, FSU, Unsa) et associations (Ligue des droits de l’Homme, Cimade, Réseau éducation sans frontières…).

« Ces travailleurs-euses sont nombreux et indispensables dans certains secteurs de notre économie. La plupart paient des impôts, cotisent (retraites, maladie, chômage...). Ils ne prennent le travail de personne et bien souvent l’exercent dans des conditions particulièrement pénibles, parce que sans droits », expliquent ces organisations, qui appellent à la solidarité de chacun par des informations et une pétition en ligne. Objectif du mouvement : obtenir une circulaire de régularisation.

Le « développement durable » est-il compatible avec l’esclavage moderne ?

Autre cynique illustration de la négation des droits de milliers de travailleurs sous prétexte qu’ils sont étrangers : le chantier d’extension du tramway parisien emploie des sans papiers. Une vingtaine d’ouvriers se sont mis en grève sur le chantier de Porte des Lilas (20ème arrondissement). Ces ouvriers auraient été recrutés par la boîte d’intérim Selpro. « Selpro s’engage à respecter et à faire progresser les femmes et les hommes qui la composent, à assurer la transparence de l’information, à pratiquer l’équité selon les normes de l’Organisation Internationale du Travail et les principes universels liés aux droits de l’Homme », proclame l’entreprise sur son site. Plutôt que de soutenir la demande de régularisation des sans papiers qu’ils emploient, Selpro a, selon Le Parisien du 13 octobre, mis fin à leurs contrats. La balle est désormais dans la cour de l’Hôtel de Ville, commanditaire de l’extension du tramway. La mairie de Paris est censée faire respecter certaines clauses sociales. Elle pourrait aussi faire en sorte que les ouvriers soient régularisés.

IDR

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