Santé

Ondes électromagnétiques : encore une loi aux oubliettes

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Exit le principe de précaution. Le 31 janvier dernier, les députés ont jeté aux oubliettes la proposition de loi de leur collègue écologiste Laurence Abeille pour limiter les impacts des ondes électromagnétiques, en particulier sur les enfants. Le texte demandait d’interdire le Wi-Fi en crèche et de privilégier la connexion filaire dans les établissements scolaires et dans les lieux d’accueil du public, comme les bibliothèques. Il proposait aussi d’imposer des études d’impact sanitaire et environnemental avant chaque mise en œuvre de nouvelles applications technologiques émettant des rayonnements électromagnétiques.

Le déploiement de la 4G en aurait été sérieusement ralenti. Ce à quoi se refuse Fleur Pllerin, ministre déléguée à l’économie numérique. «  C’est un enjeu important. Il représente un investissement de 3 milliards d’euros sur cinq ans et des dizaines de milliers d’emplois », a-t-elle affirmé le 30 janvier. Pour elle, la nocivité des ondes électromagnétiques « n’est pas scientifiquement étayée ».

En 2011, l’organisation mondiale de la santé (OMS) a pourtant classé ces ondes comme « potentiellement cancérigènes ». Dès 2007, un rapport international portant sur 1 500 publications scientifiques pointait les risques sanitaires liés aux ondes électromagnétiques. Et à l’automne dernier, la Cour de cassation italienne a reconnu comme maladie professionnelle une tumeur au cerveau liée à l’usage intensif d’un téléphone portable. Trop peu pour convaincre la majorité socialiste française.

Les députés écologistes et des associations comme Robin des Toits, Priartém (Pour une réglementation des implantations d’antennes-relais de téléphonie mobile) ou encore le Criirem (Centre de Recherche et d’Information Indépendant sur les Rayonnements ÉlectroMagnétiques non ionisants) dénoncent le « poids des lobbies ». Selon la députée écologiste Laurence Abeille, citée par Le Monde, Fleur Pellerin « ne veut pas froisser les opérateurs et les fabricants de téléphonie ». Fleur Pellerin n’est pas la seule à refuser de légiférer sur la question des ondes électromagnétiques. « Le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, parce qu’il défend un projet numérique à l’école. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, parce qu’elle récusait le principe d’une étude sur les électrosensibles. » Décidément, ne pas heurter les intérêts privés aux dépens de l’intérêt général, commence à devenir l’activité principale de ce gouvernement.

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