Sarkozy, le bilan #04

Les maux du quinquennat : « Fukushima »

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Fukushima : ville dont le nom signifie « île du bonheur » en japonais, plus connue pour l’accident nucléaire qui a suivi le tsunami. Un coup de tonnerre dans le ciel du lobby nucléaire français, à peine remise de la catastrophe de Tchernobyl. Un lobby dont Nicolas Sarkozy s’est fait l’ardent défenseur, malgré les risques encourus par les populations.

Quel bilan dresser du quinquennat qui se conclut ? En partenariat avec la Fondation Copernic, qui regroupe des syndicalistes, des acteurs des mouvements sociaux et des chercheurs, Basta ! vous propose chaque jour un abécédaire des « maux » du quinquennat. Aujourd’hui, le mot « Fukushima », extrait du livre Sarkozy, bilan de la casse, aux éditions Syllepse [1].

Fukushima : Ville dont le nom signifie « île du bonheur » en japonais, plus connue pour son accident nucléaire, l’un des plus graves jamais survenus à ce jour. Cette catastrophe éclate comme un coup de tonnerre dans le ciel du lobby nucléaire français, dont l’équipe Sarkozy s’est toujours faite l’ardente défenseure.

Les signaux d’alerte n’ont pas manqué ces dernières années : des incidents graves se sont en effet produits en Suède, en France ou aux États-Unis. Si on comptabilise les accidents majeurs survenus depuis le début du nucléaire civil, les probabilités de risque estimées au départ sont complètement infirmées aujourd’hui.

Or, il aura fallu attendre le drame de Fukushima [2], le 11 mars 2011, pour qu’éclate au grand jour la vérité soigneusement dissimulée par les défenseurs du nucléaire depuis Tchernobyl. Désormais, il est indéniable, pour quiconque regarde la situation en face, qu’un accident grave peut se produire dans un pays « développé » maîtrisant les technologies de pointe, et considéré jusqu’ici comme un des plus sûrs au monde. La question du nucléaire se pose donc en termes nouveaux. L’état de santé des travailleurs de la centrale n’est pas connu, alors que certains ont été irradiés et beaucoup soumis à des niveaux de radiation supérieurs aux normes ; l’évolution de leur santé sera-t-elle suivie sur le long terme ? Reste que tout un territoire est interdit de résidence pour des dizaines d’années. Les cas de contamination d’aliments consommés par les Japonais se multiplient…

Face à cela, la politique de l’équipe Sarkozy se résume en un mot : autisme. Hors de question d’envisager de se passer du nucléaire, alors même que de nombreux pays amorcent la sortie de ce guêpier : Italie, Suisse, Allemagne, Japon sans doute. Les tests de sécurité des centrales, réalisés en France suite à Fukushima, sont destinés à rassurer le béotien, tandis que se poursuit la construction du réacteur nucléaire de troisième génération (EPR) de Flamanville, dont on sait qu’il ne résisterait pas à la chute d’un avion de ligne. Quant aux coûts de l’énergie nucléaire présentés comme très avantageux, il s’agit en réalité d’un autre tour de passe-passe : ils n’intègrent pas le coût élevé du démantèlement des centrales [3], qui pourtant va devoir être payé par les contribuables. Le bilan de la fuite en avant nucléaire du sarkozysme sera douloureux, espérons qu’il ne sera pas tragique.

Image : © Bengal / CFSL

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