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À lire sur Le Monde (blog)

Les effets inattendus du « dézonage » du Pass Navigo

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70€ le mois, 770€ l’année (dont la moitié remboursée par l’employeur). Valable pour tous les moyens de transport public, d’un bout à l’autre de la région. Le dézonage du Pass Navigo (l’ex-carte orange) est présenté par la région Ile-de-France comme une « mesure de justice sociale », censée profiter aux travailleurs pauvres. Pour mémoire, jusqu’à ce 1er septembre, la région était divisée en 5 « zones » concentriques (8 jusqu’en 2007), servant de base à la tarification.

(...)

Mais à quoi ressemblent ces heureux bénéficiaires ? Si l’on en croit les statistiques de l’Insee, il s’agit essentiellement de cadres, davantage que d’ouvriers et d’employés. En effet, d’après les chiffres des recensements, si « la moitié des salariés travaillent à moins de 8 kilomètres de chez eux », la distance médiane des cadres par rapport à leur bureau est de 9,9 km. Cela signifie que la moitié d’entre eux habite plus loin et l’autre moitié en-deçà. Pour les employés, la médiane est à 5,6 km et pour les ouvriers à 8,2. Bien sûr, on trouvera de nombreuses exceptions et en Ile-de-France, les distances sont sans doute supérieures. Mais en pratique, ce sont bien les cadres, plus mobiles, qui sont les principaux bénéficiaires du nouveau dispositif.

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Les « vrais pauvres » paient plein pot. Certes, le Pass Navigo propose des « tarifs sociaux ». Mais cela concerne les abonnés. En pratique, les personnes qui perçoivent des revenus à la fois bas et aléatoires, les « vrais pauvres », ne souscrivent à aucun abonnement, qu’ils jugent trop cher. « Ils préfèrent payer leur ticket à l’unité, en cas de besoin, et donc au prix fort », expliquait, en mars, Eric Chareyron, directeur de la prospective de Keolis, à l’occasion d’une interview sur la fraude. Les spécialistes appellent ça "le non-recours aux droits".

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