Qui sommes-nous ?Le projet

Basta ! est un projet de nouveau média axé sur les enjeux sociaux et environnementaux. Il est porté par l’association Alter-médias et un réseau d’associations de solidarités locales et internationales (voir nos partenaires). Alter-médias a été fondée en 2004 par une équipe de journalistes, travaillant dans la presse engagée ou eux-mêmes investis au sein de mouvements sociaux, convaincus de la nécessité de renouveler la presse d’opinion. L’association a pour objet le développement et la promotion de nouveaux outils d’information indépendants sur les questions sociales, économiques, environnementales et de politique internationale.

Une information en crise dans un monde en crise

En France, la grande majorité de la presse écrite et audiovisuelle s’inscrit dans une logique avant tout commerciale. L’information se consomme comme n’importe quel autre produit de consommation. Son traitement journalistique est tombé sous le diktat de l’urgence concurrentielle, réduit à l’événementiel, au spectaculaire, à l’émotionnel, formaté pour aguicher. Un flot d’informations se déverse quotidiennement : une guerre remplace une catastrophe qui, elle-même, a succédé à un fait divers... Les espaces de réflexion, de mise en perspectives permettant à de véritables débats de se tenir, à des analyses de se faire jour, rendant possible la recherche de réelles solutions et d’alternatives, se réduisent. L’information n’a plus aucun sens. Résultat : résignation et fatalisme dominent tandis que « l’information divertissement » se décline des télévisions aux news magazines. Trop peu de médias, même dans la presse écrite, tranche avec cet état de fait. L’essor de nouveaux médias généralistes sur internet, proposant des informations plus percutantes, souvent négligées par les médias classiques, et un ton davantage impertinent comble une partie de ce vide. Pour autant ce panorma médiatique est loin d’être satisfaisant dans une perspective de transformation sociale, écologique et politique.

L’indépendance de la presse est également mise à mal par l’emprise financière de quelques grands groupes industriels, alors même que la crise du capitalisme mondial s’accentue : accroissement des inégalités au sein des villes comme entre continents, crise alimentaire, crise financière, crise énergétique, crise écologique, crise démocratique, sur fond de logiques sécuritaires et de discours sur la « guerre globale »... Même si les grands médias et les journalistes qui les composent sont aujourd’hui rattrapés par les inquiétantes réalités d’un monde en crise, quelle sera leur marge de manoeuvre face à des tensions et des conflictualités qui ne cesseront de s’intensifier, quelle attitudes adopteront-ils face aux rapports de force qui émergeront demain ?

Crise de perspectives : déficit ou invisibilité des alternatives ?

Parallèlement à ces multiples crises, les résistances, les pistes d’alternatives et les potentialités de transformation existent et se multiplient, tant au plan local que global. De la contestation des logiques néo-libérales à Seattle ou Gênes aux forums sociaux mondiaux de Porto Alegre ou Mumbaï ; des luttes pour le droit au logement à l’élaboration de politiques pour une meilleure redistribution des richesses, des mobilisations locales en faveur des sans-papiers aux grandes campagnes de solidarité internationale contre les inégalités Nord-Sud, des changements individuels des modes de consommation à la prise de conscience collective de l’enjeu écologique... Les expériences ne manquent pas.

En France, ce mouvement multiforme de résistances et de transformation souffre d’un manque de visibilité, d’accessibilité, au-delà d’évènements plus ou moins médiatisés que constituent une action coup de poing ou un forum social mondial. Comme si, en dehors d’outils de discussion interne, de support d’informations faits par et pour les militants (portails ou revues) ou d’une communication institutionnelle à l’intention des grands médias, ce mouvement et les nombreuses structures qui le composent n’avaient pas pensé l’enjeu de l’information, indispensable à une diffusion plus large de ses idées. Des expériences existent ailleurs : Carta en italie, Democracy Now aux Etats-Unis, l’Agence Carta Maior au Brésil. Le site Basta !, en lien avec un collectif d’association, a l’ambition de contribuer à combler ce manque.

Pourquoi Basta ! ?

C’est d’abord un appel. Un appel en guise d’avertissement face à la tournure que prennent les événements, en France, en Europe et dans le monde : crise économique, crise de la démocratie, crise sociale, crise environnementale... Basta ! est un appel qui suscite une résistance. Une résistance qui doit se traduire par un engagement en faveur d’une autre société, d’un autre monde dont les contours s’esquissent malgré tout grâce à l’action et la réflexion de nombreux mouvements sur tous les continents et aux multiples formes : ces mouvements politiques, sociaux, culturels ou « altermondialistes » qui émergent face au cynisme économique, à l’individualisme de masse, à l’ineptie des élites et à l’archaïsme des États. Par notre qualité d’observateurs privilégiés de ces mouvements, nous voulons - nous devons - jouer un rôle. Pas un rôle de simple relais ou de rigide organe de presse, sûr de sa vérité, mais un rôle d’information, d’explication et d’interrogation. Nous sommes convaincus qu’un nouveau souffle politique et philosophique est nécessaire dans un monde qui avance droit vers le chaos. Mais nous entendons préserver notre rôle critique.

Métisser social et écologie

Santé, travail, inégalités, économie, conditions de vie, démocratie, accès aux droits, politiques publiques, gestion des ressources naturelles... La question sociale et l’enjeu écologique, tels qu’ils se posent au plan national, européen et international, concernent l’ensemble de ces problématiques. C’est par leur biais que nous envisageons de les aborder en priorité. Social et écologie sont encore très largement séparés, cloisonnés, voire opposés, dans les esprits, dans la presse et sur la toile. La question sociale demeure le parent pauvre du concept galvaudé de « développement durable » et l’écologie est souvent réduite à une mode, quand elles ne sont pas, au-delà des discours, reléguées à l’arrière-plan, regrettables mais nécessaires dommages collatéraux de nos sociétés post-industrielles tournées vers la croissance, la compétitivité, l’employabilité et la rentabilité.

Informations originales, citoyennes et indépendance éditoriale

En recourant à la riche diversité des sources en la matière (expertises d’ONG, « lanceurs d’alerte », chercheurs et universitaires, élus locaux et nationaux, représentants syndicaux, acteurs des mouvements sociaux, collectifs citoyens, journalistes indépendants, militants associatifs, réseaux de partenaires dans les pays du Sud...) et en donnant une large place aux reportages sur le terrain et à l’enquête journalistique, Basta est en mesure d’apporter à ses lecteurs informations originales et analyses complémentaires sur l’actualité sociale et écologique. Décryptages et ressources documentaires doivent accompagner la lecture d’un événement pour le mettre en perspective, offrir aux lecteurs des débouchés concret à sa prise de conscience (pistes d’alternatives, présentation d’initiatives, contacts d’associations...) et ne pas tomber dans l’analyse catastrophiste ou l’indignation stérile ni dans une interminable course au « scoop » et à la « révélation ». L’expérience et la rigueur de son équipe journalistique et de son comité éditorial constituent une garantie en matière de qualité de l’information et d’indépendance du contenu.

Plate-forme des luttes et carrefour des mouvements

Grèves dans les entreprises, luttes sur le logement, mouvements étudiants et lycéens, mobilisations en faveur des sans papiers, actions de désobéissance civile, contestation dans « les banlieues », dénonciation des discriminations, campagnes de solidarité internationale... Les mobilisations, ponctuelles ou plus ou moins longues, rythment la vie sociale et politique. Indépendant mais engagé, Basta est un outil qui permet l’expression de leurs acteurs grâce aux multiples supports qu’offre l’outil Internet, qu’ils soient écrits ou audiovisuels (articles, interviews filmées, vidéos d’actions, enregistrements de témoignages, mise en ligne de photos, forums participatifs...). Le site se veut également un carrefour, un espace au sein desquels les diverses « cultures » militantes, associatives, syndicales, politiques, universitaires, altermondialistes se rencontrent et se confrontent autour des problématiques traitées.

En bref