Agriculture

Le prix du soja flambe, les éleveurs s’affolent

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Panique à bord chez les agriculteurs ayant recours au soja importé pour nourrir leurs animaux : le prix de la tonne a doublé ces derniers mois, et oscille aujourd’hui entre 450 et 500 euros ! Or, l’Europe importe près de 40 millions de tonnes de soja chaque année. Et la France caracole en tête du peloton, avec plus de 4 millions de tonnes de tourteaux de soja consommées, dont les deux tiers sont OGM ! C’est qu’il en faut des protéines pour gaver des poulets prêts à consommer en 45 jours, des vaches qui produisent 8 000 litres de lait ou des poules qui pondent plus de 200 œufs par an !

Arrivé en Europe au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans les valises du plan Marshall, le soja américain représente 80% de l’apport protéique de l’alimentation animale européenne et française. Dénoncée depuis longtemps par les tenants d’une agriculture durable, cette dépendance au soja importé semble aujourd’hui inquiéter jusqu’aux champions de la spéculation sur les matières premières, comme Sofiprotéol. « Notre dépendance dans ce domaine sera un sujet majeur des décennies à venir », a ainsi affirmé Michel Boucly, directeur général adjoint de Sofiprotéol, cité par L’Expansion.

S’il cherche des idées, il peut consulter le rapport, publié en janvier 2009 par le WWF France et l’Enesad (Etablissement national d’enseignement supérieur agronomique de Dijon), qui proposait divers scenarii pour sortir de la dépendance aux protéines importées. En plus de la suppression de certaines jachères, on peut aussi réintroduire dans les cultures françaises les légumineuses à graines (pois, féverole, lupin) et les légumineuses fourragères (luzerne, trèfles, sainfoin, lotier).

La fin de la dépendance au soja, c’est aussi une révision du modèle agricole dominant, avec moins d’élevages intensifs, et la relocalisation du marché de l’alimentation. Il faudrait en plus revoir nos habitudes de consommation et diminuer la part de la viande et autres produits animaux. Un Français consomme chaque année 92 kg de viande, 250 œufs et une centaine de kilos de produits laitiers. Pas sûr que le président de Sofiprotéol Xavier Beulin, qui dirige également la puissante FNSEA soit d’accord, finalement.

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