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Le « mieux légiférer » de Bruxelles tenu responsable de 100 000 cancers

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Le projet de simplification de la réglementation des entreprises de la Commission, le « mieux légiférer », a reçu une volée de bois vert des syndicats, qui estiment qu’il gèle des lois sauvant des milliers de vies par an.

Le « mieux légiférer » de la Commission, qui a pour objectif de simplifier les règles administratives pour les entreprises, bloque en réalité les efforts de l’UE pour la protection des travailleurs exposés à des produits chimiques toxiques quotidiennement, estime Laurent Vogel, chercheur à l’Institut syndical européen (CES).

Ce dernier assure que 100 000 travailleurs meurent chaque année de cancers liés à leur emploi et dénonce l’inaction de l’UE.

Ce chiffre impressionnant provient d’une communication officielle de l’agence de l’UE pour la santé et la sécurité, qui siège à Bilbao, en Espagne. Laurent Vogel estime qu’il s’agit probablement d’une estimation optimiste.

« Ces 100 000 morts pourraient parfaitement être évitées. Et le nombre réel se situe sans doute au-delà de ce chiffre, parce qu’il n’inclut pas les cas de cancers causés par les perturbateurs endocriniens », a-t-il souligné lors d’un atelier de l’institut EurActiv la semaine dernière (1er juillet).

« Paralysie par analyse »

« Nous discutons de la révision de la directive sur les cancérogènes depuis dix ans », regrette Laurent Vogel, qui juge que le « mieux légiférer » a « complètement paralysé le processus ».

« C’est la paralysie par analyse », explique-t-il, dénonçant un « spectacle cynique » dans lequel les lobbies des entreprises exigent que la Commission mène des analyses d’impact sans fin avant d’envisager toute réglementation.

« Le scandale récent de la politique européenne sur les perturbateurs endocriniens en est un exemple criant », indique-t-il. « Ça vous donne la réelle signification de la belle formule « mieux légiférer » : elle est utilisée pour paralyser toute initiative réglementaire quand les lobbies industriels le demandent. »

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