Le mépris

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Rien. Villepin n’a proposé aucune ouverture face au vaste mouvement anti-CPE. Le retrait ? « Impossible ». La suspension (qui aurait permis de laisser un temps au débat sur la manière de réduire le chômage et de combattre la précarité, ou en tout cas de faire comme si) ? « Impossible ». Des aménagements, comme le demandaient certains patrons (obligation de motiver un licenciement, réduction de la période d’essai à un an) ? « Impossible ». Villepin a même ajouter une bonne dose de mépris personnel à l’encontre des jeunes travailleurs en estimant que motiver un licenciement revenait à « tomber dans le formalisme juridique ». Le mépris, c’est bien ce qui caractérise ce gouvernement depuis deux mois. Le mépris de la concertation en ne recevant pas les partenaires sociaux sur le projet de CPE, annoncé le 16 janvier. Le mépris du débat parlementaire, en inscrivant en urgence la loi au calendrier de l’Assemblée puis en dégainant l’article 49-3 qui permet de faire passer un texte sans vote. Le mépris du dialogue en refusant de créer les conditions d’une discussion avec les acteurs du mouvement. Pire, Villepin prend les manifestants et l’opinion pour des imbéciles heureux en mettant en scène devant les caméras un plan de communication qui simule une main tendue : réception de soi-disant représentants étudiants à Matignon (en fait des représentants de corpos et des militants jeunes de l’UMP), entrevue avec des « jeunes en insertion » (on ne saura rien sur le contenu de la rencontre, si contenu il y a eu), sans oublier une réunion avec le patronat. Le reste du gouvernement préfère un silence lâche et évite tout contact avec la populace. Pour échapper aux intermittents, Donnedieu de Vabre s’enferme dans un cagibi pourvu de champagne et de petits fours pendant le Salon du livre. Pour échapper aux jeunes, Gilles de Robien, Azouz Begag et Jean-Louis Borloo ont annulé leur participation aux Assises de la presse écrite et de la jeunesse qui se tenaient le 18 mars à Nantes. Belle preuve de courage politique ! En un an, après le référendum sur la Constitution, le soulèvement des banlieues et désormais le mouvement anti-CPE, la fracture n’a jamais été aussi grande. Qu’en sortira-t-il ? Un régime encore plus autoritaire ou une véritable alternative ?

Ivan du Roy

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