Santé publique

Le diabète touche davantage les plus précaires

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La précarité favorise le diabète, confirme une nouvelle étude menée en Languedoc-Roussillon, l’une des régions qui connaît le plus fort taux de pauvreté en France. Pour la première fois, une enquête évalue la prévalence et les conséquences de la précarité sur le diabète. Elle démontre, chez les personnes en grande précarité, que le diabète « est un modèle de pathologie chronique et une priorité de santé publique ». Chez les moins de 65 ans, le diabète concerne près de 7% des personnes en situation de précarité, contre 4,4% des personnes non ou peu précaires.

Encadrée par l’Académie de médecine et la Mutualité française, cette enquête révèle aussi que parmi les personnes précaires et diabétiques, on trouve de plus en plus de jeunes hommes, d’un niveau éducatif élevé. « Les jeunes diplômés sont parmi les premiers touchés par l’aggravation du chômage et l’augmentation du travail précaire », détaille l’enquête. Notamment les jeunes immigrés, diplômés dans leur pays d’origine. Ils ont, au quotidien, d’importants problèmes de logement et de transport, qui les empêchent de s’organiser pour avoir une alimentation saine, ou pour se soigner. « Les conditions sociales et économiques défavorables rendent plus difficile l’accès aux structures médicales spécialisées (absence de voiture, éloignement, méconnaissance des adresses et des démarches à effectuer) », précise l’étude. A ces difficultés viennent s’ajouter les franchises médicales, des dépassements d’honoraires chez les spécialistes, et parfois des refus de soin pour des bénéficiaires de la CMU. Autant d’éléments qui rendent difficile l’accès au soin pour les plus précaires.

Favorisé par une alimentation déséquilibrée, par la sédentarité et le manque d’activité physique, le diabète se répand comme une épidémie aux quatre coins de la planète. Autre explication avancée sur les causes de la maladie : l’exposition aux pesticides et polluants organiques persistants (POP) – comme les dioxines. Parmi les études publiées sur le sujet, celle d’une équipe américaine, qui souligne que « les utilisateurs professionnels qui ont employé des pesticides chlorés pendant plus de 100 jours durant leur vie ont un risque accru de diabète ». Selon les molécules, le risque peut augmenter de 20 à 200 % ! Les personnes en surpoids, consommant beaucoup de viandes et de poissons gras sont les plus concernées, puisque ces polluants s’accumulent dans les graisses. A quand une politique de santé publique pour enrayer ce phénomène qui touche les plus précarisés, et de plus en plus les jeunes ?

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