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Le bide des « maisons Borloo »

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Une maison à soi, en bois, d’un peu plus de 85 m², à 100.000 euros, terrain compris, avec des possibilités de prêts à taux zéro... L’idée était belle. Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, l’a vendue à la France entière, à grand renfort de communication, en 2005. Entre 20.000 et 30.000 de ces habitations devaient sortir de terre chaque année ! 100.000 allaient couvrir la France en 2010.

On est loin du compte, même s’il est impossible d’obtenir le nombre officiel de ces maisons miracle. Curieusement, le ministère ne communique plus sur le sujet. Il faut dire qu’il est polémique. Au Havre, les tout nouveaux propriétaires des maisons Borloo déchantent : livrées en juillet, elles ont déjà des cheminées qui fuient, des plinthes qui tombent, des fenêtres qu’on ne peut plus ouvrir... En plus de ces malfaçons, d’importants retards de livraison ont été enregistrés. Ce qui a obligé les foyers à payer en même temps leurs annuités de prêts (souvent contractés sur 30 ans !) et leur loyer.

Autre mauvaise surprise : le prix des maisons a été revu à la hausse. De 100.000 euros clefs en main, on est passé à 120.000, voire 150.000 euros. On imagine la valeur qu’auront ces biens qui s’écroulent à peine terminés, dans quelques années. D’autant qu’on peine à comprendre comment des constructions si mal finies peuvent avoir une quelconque caractéristique écologique. L’obligation de faire du bâti de qualité faisait pourtant partie des engagements du projet Borloo.

Ce genre de construction exige une main-d’œuvre qualifiée, et payée pour cela. Ce qui n’a vraisemblablement pas été le cas des salariés (?) de l’entreprise lettone retenue par la municipalité du Havre, au terme d’un appel d’offres qui a dû voir se présenter des artisans locaux ! « C’est le désenchantement, le procédé nous paraissait innovant mais le promoteur a été défaillant et n’a pas surveillé de près les travaux », regrette Agathe Cahierre, première adjointe UMP au maire du Havre, citée par l’AFP. Peut être le cahier des charges manquait-il aussi de précisions.

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