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Crise économique et sociale

Le Brésil craint la paralysie générale avec la grève des routiers et celle du secteur pétrolier

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Depuis plus d’une semaine, les routiers brésiliens ont entamé une grève exceptionnelle, bloquant des grands axes routiers à travers tout le pays, à plus de 200 endroits différents [1]. Le mouvement a paralysé l’approvisionnement en carburant des aéroports, des hôpitaux, des stations-service mais aussi l’approvisionnement alimentaire des supermarchés, provoquant des pénuries de produits dans plusieurs villes.

Les routiers protestent contre le prix du carburant, de plus en plus élevé. Depuis un an, le prix de l’essence a augmenté de plus de 20 %. Celui du diesel de plus de 40 % depuis début 2018 ! Après avoir refusé toute concession malgré l’annonce de la grève en amont [2], le président intérimaire, de droite (du parti PMDB), Michel Temer, a finalement annoncé, le 27 mai, un blocage du prix du carburant pendant soixante jours, répondant ainsi positivement à la demande des syndicats patronaux. Les barrages routiers ne se sont pas terminés pour autant, malgré le recours à l’armée pour les débloquer. La fin du mouvement dépend « de la base » a expliqué le président de la Confédération nationale des transporteurs autonomes [3]. Les travailleurs du secteur pétrolier ont aussi annoncé une grève de trois jours à partir du 30 mai. Eux aussi demandent une baisse du prix du carburant, ainsi que l’arrêt des projets de privatisation de Petrobras, la compagnie pétrolière publique, et la démission de son PDG [4].

Aujourd’hui, Petrobras participe largement au financement de nombreux programmes sociaux et culturels. L’entreprise publique est aussi impliquée dans les scandales de corruption qui secouent le pays depuis plusieurs années. Entre des affaires politico-financières à répétition, le regain de la violence politique, l’emprisonnement de l’ancien président Lula, la grave crise économique qui frappe le pays et la remise en cause tous azimuts des droits sociaux par le gouvernement intérimaire, le Brésil traverse une phase d’instabilité inédite depuis la fin de la dictature. Et ce, à quelques mois des élections présidentielles d’octobre prochain.

En photo : « Grève générale », manifestation contre la privatisation de Petrobras et pour protester contre l’augmentation des prix des carburants, à São Paulo le 28 mai / CC Mídia Ninja

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