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Extrême droite

La mouvance skinhead néo-nazie « connaît un regain d’activité »

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« Trois skinheads néo-nazis arborant des t-shirts white power et blood and honor (…) se sont dirigés vers nous. Ils nous ont encerclés, sortis des coups de poings américains et se sont jetés sur nous. Nous ne nous attendions pas à un tel affrontement, mais nous ne pouvions pas fuir, littéralement dos au mur. Clément a été touché au visage par un coup de poing américain. Nous avons finalement réussi à les faire fuir, mais trop tard ; Clément est mort sur le coup », témoignent des militants antifascistes, membres d’Alternative libertaire, présents à la Gare Saint-Lazare cette soirée du 5 juin, lors de la mortelle agression qui a coûté la vie à Clément Méric, âgé de 18 ans. Les témoins ont été entendus par la brigade criminelle qui poursuit son enquête pour homicide volontaire.

Ce tragique événement marque le retour de la mouvance skinhead d’extrême droite, qui « connaît un regain d’activité », selon la revue Reflexes, qui suit les activités de l’extrême droite, du FN à la mouvance néo-nazie en passant par les intégristes catholiques, depuis trois décennies. « S’il n’existe pas à proprement parler d’organisation skinhead fédérant tous les groupes au niveau national, on retrouve plusieurs groupes qui se font remarquer par leur activisme politique. Ils participent tous à la manifestation nationaliste du mois de mai organisée par Batskin », rappelle Réflexes. « Batskin », ou plutôt Serge Ayoub, figure de l’extrême droite radicale depuis les années 80, et animateur du mouvement Troisième Voie, relancée en 2010 et qui rassemblerait une centaine de membres. Celui-ci, contacté par l’AFP, a démenti toute implication de son groupuscule dans l’agression.

S’il n’existe pas de lien formel entre Troisième Voie et les skinheads, ceux-ci gravitent bien autour de cette mouvance, leur servant à l’occasion de gros bras. Une nébuleuse composée d’une demi-douzaine de groupuscules qui, dans le sillage du FN, cherchent à récupérer les déçus de la stratégie choisie par Marine Le Pen. Comme les Jeunesses nationalistes, branche jeune de l’Oeuvre française, l’un des plus vieux mouvements nationalistes avec les royalistes de l’Action française. « Franchement hostiles au FN de Marine Le Pen (lui préférant Bruno Gollnisch) les JN, dont la plupart des responsables ont été exclus du FN, sont en revanche très proches des "durs" de l’extrême droite : des nostalgiques du pétainisme aux antisémites en passant par les catholiques intégristes », détaille Réflexes. Comme le Groupe union défense (GUD), actif sur plusieurs campus de Lyon ou Paris, qui opère un rapprochement avec les Jeunesses nationalistes. Ou le Réseau identités (RI), une scission du bloc identitaire : « Proche de Riposte Laïque, le Réseau identités participa à leur manif contre le "fascisme islamiste". RI tente également un rapprochement avec Troisième Voie. » L’agression du 5 juin marque-t-elle la renaissance d’un activisme violent de l’extrême droite à l’encontre de la gauche et des mouvements antiracistes, comme il y a vingt ans ?

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