Dérives alimentaires

La malbouffe, une drogue dure ?

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Ingérer régulièrement de la malbouffe pourrait provoquer une dépendance digne d’une drogue dure. Une étude américaine vient de montrer que les processus neuro-biologiques provoqués par la consommation d’une nourriture beaucoup trop riche et par la consommation de drogues dures étaient similaires. Deux chercheurs de Floride, Paul Johnson et Paul Kenny [1], ont ainsi étudié la réaction de rats de laboratoire soumis à un régime hyper-calorique (saucisses, bacon, barres chocolatées...). Les rats, qui avaient accès à cette nourriture 23 heures par jour, sont devenus très rapidement dépendants de ce régime, avec les mêmes comportements que pour une addiction à la cocaïne ou à l’héroïne.

Cette étude, publiée dans Nature Neuroscience, montre que la surconsommation de ces aliments par les rats va de pair avec une détérioration de l’équilibre chimique du cerveau : le « centre du plaisir » ou « circuit de récompense » répond de moins en moins, du fait de l’augmentation du taux de dopamine, l’une des hormones du plaisir. Cela incite les rats à manger davantage de nourriture hyper-calorique, de manière compulsive et permanente, pour augmenter le niveau de plaisir. Même lorsque ce rats sont conditionnés à craindre des décharges électriques s’ils ingèrent cette nourriture, ils continuent de la consommer. Et lorsqu’on propose ensuite à ces rats une alimentation plus saine, ils refusent de s’alimenter, allant même jusqu’à s’affamer.

Cette expérience montre que la surconsommation d’une alimentation hyper-calorique entraîne des réponses neurologiques semblables à celles d’une addiction. Si cette découverte ne peut pas être transférée directement à l’homme, elle confirme les propriétés « addictives » de la « junk food ». Pour la première fois, une étude montre que le cerveau peut réagir de la même façon face à la malbouffe et aux drogues. Cela n’est pas nouveau pour les médecins spécialistes de cette question, mais cette étude va cependant aider à mieux comprendre les mécanismes biologiques impliqués dans l’obésité. Et permettre peut-être d’avancer sur les thérapies pour lutter contre ce fléau, qui coûte près de 150 milliards de dollars par an aux États-Unis.

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